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Samedi 21 novembre 2009

Le temps

La question qui m’a été le plus souvent posée dans les dernières semaines est celle du temps. Comment écrire un livre tout en ayant une famille, un travail prenant et plusieurs occupations extra-professionnelles ? Rien n’est bien simple ; il est très difficile de gérer le facteur temps. Toute création demande du temps, or nous en avons de moins en moins.

 

La réponse évidente consiste à dire qu’il faut prendre le temps ; c’est une question de priorité et de volonté. En fait, la passion pour ce que l’on fait vient rapidement à la rescousse. Les efforts pour se ménager un peu de temps n’en sont plus réellement lorsque la création devient une activité régulière qui intéresse.

 

Ensuite il faut se donner du temps ; démarrer en sachant que l’on ne tiendra pas la longueur est inutile. C’est un marathon que l’on entame qui pourra durer plusieurs années. Dans mon cas, écrire un livre dure autour de 5 ans. On veut toujours terminer avant d’avoir commencé. Le créateur et son œuvre ont besoin de temps pour mûrir ; ils interagissent l’un sur l’autre un nombre très important de fois jusqu’à ce qu’une sorte de convergence se produise. Brûler les étapes tue dans l’œuf toute démarche de création.

 

Il faut aussi s’organiser. Chaque semaine on se doit d’avoir une pensée, une lecture, une réflexion, une discussion sur ou autour de son œuvre. Certains préconisent le contact quotidien. Ça me paraît difficile. On peut aussi laisser tomber quelque temps si on est réellement « overbooked » ; je plains les professionnels de la création qui doivent terminer leur œuvre à date fixe. L’amateur n’a pas de pression mais il doit s’organiser pour pouvoir laisser les choses dans un état qui lui permettra de rapidement reprendre le fil un jour.

 

Enfin il faut se ménager quelques périodes de forts investissements : le travail que l’on fait par petits morceaux a besoin d’être régulièrement synthétisé, revu dans un tout et à l’aune des objectifs fixés. C’est le seul moyen d’exercer un regard critique sur la production. C’est un weekend, quelques journées pendant les vacances au calme, avec suffisamment de temps devant soi, sans être constamment interrompu ! Pour moi les longs voyages en avion ou les attentes dans les aéroports me procurent des moments propices à ce travail.

 

Cette longue durée nécessaire à la création est un défi qui s’ajoute à celui de produire une œuvre. Les découragements de ne pas parvenir à ce que l’on souhaite, les ironies de ceux qui ne croient pas en vous, s’ajoutent à cette gestion dans la durée. Le défi stimule la motivation, la concentration et l’inspiration ; il fait oublier la fatigue et apporte de réelles satisfactions. Lorsqu’il est en phase avec nos aspirations profondes et en harmonie avec ce que l’on est, il conduit au bonheur.

 

 Le bonheur que j’ai connu lors de la sortie de chacun de mes livres est très grand. Ce bonheur est proportionnel au temps qu’il m’a fallu pour mener chacun de ces projets à son terme. Pour « Ego cherche Compagnie », celui de voir 50 personnes se déplacer pour célébrer sa parution m’a encore plus comblé car j’ai reçu beaucoup de marques de sympathie, de gentillesse et un peu de flatterie et d’admiration aussi, avant même que les gens aient lu ce livre. Merci à tous ceux qui sont venus m’entourer le 12 novembre !

 

J’espère que les lecteurs ne seront pas trop déçus. Jusqu’à maintenant j’avais fait peu état de mes livres ; seuls quelques proches étaient au courant de leur sortie. Aujourd’hui une certaine publicité a été faite ; des journalistes ont été informés. Que va-t-on penser de ce livre ? J’espère que vous me le direz sur ce blog. Que va penser mon environnement professionnel s’il est mis au coutant ? Cela m’inquiète un peu. C’est pourquoi chaque fois que je le peux, j’insiste pour dire que l’amateur que je suis souhaite rester à sa place d’amateur ; ma production est modeste. Elle ne cherche qu’à éclairer des sujets et donner des pistes qui aideront peut-être un ou deux lecteurs. Rien de plus, rien de moins.

Par B. Dufay
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Samedi 14 novembre 2009


Présentation de « EGO cherche Compagnie »


Editions Frison-Roche : http ; //www.editions-frison-roc
he.com/


Ce livre parle de la société, de vous, de moi, de nous tous qui essayons de vivre ensemble dans ce beau pays qui est la France. Je dis « essayons » parce que ce qui m'a frappé et qui continue à me frapper, c'est le mal que nous avons à vivre ensemble de manière sereine. Et je n'ai pas l'impression que cela va s'améliorer. Je me suis demandé pourquoi et c'est comme cela que j'ai commencé à m'intéresser à l'individualisme. Pour certains, c'est la maladie du siècle. On dirait que nous sommes tous des égoïstes notoires qui ne pensons qu'à nous-mêmes. Dans ces temps de crise, ça peut se comprendre et ça n'améliore pas les relations entre individus.


Mais cette explication est insuffisante ; c'est un peu trop simple. En fait l'individualisme est aussi une évolution de l'individu qui veut toujours plus de reconnaissance, qui veut s'affirmer et qui veut se construire selon ses choix personnels. Il ne prend pas pour argent comptant ce qui vient de sa famille, sauf si l'argent est sonnant et trébuchant. Se construire soi-même est une bonne chose. Il n'y a rien à dire à cela, sauf que ce phénomène fait grossir nos EGOs. Plus les EGOs gonflent, plus les conflits interpersonnels se multiplient. On peut dire simplement : plus on est individualiste, plus on se « frite » avec nos semblables : on ne supporte plus personne ; on se retrouve de plus en plus seul, incapable de maintenir des relations à long terme ; donc un jour ou l'autre, on se sent malheureux.

N'étant ni pessimiste, ni défaitiste, j'ai cherché des moyens d'enrayer cette évolution et j'ai trouvé deux activités qui peuvent changer le cours des choses pour chacun d'entre nous : ce sont l'écoute et la création. L'écoute que tout le monde croit très bien maîtriser alors que nos EGOs nous poussent à nous mettre en valeur et à n'écouter que ce qui nous arrange. La création qui nous paraît si difficile alors que nous avons tous des capacités à développer : ce sont les moyens les plus sûrs de faire quelque chose de valable dans sa vie, pour soi et pour les autres et aussi pour se singulariser au milieu des autres. L'histoire ne se termine pas là : écoute et création nous mettent aussi sur le chemin de la transcendance mais cette histoire là serait trop longue à décrire ici.


Je voudrais terminer en disant deux choses : j'ai essayé de vulgariser des notions de sociologie et de philosophie ; ce n'est pas simple ; il faut être très modeste dans ce genre d'exercice car on peut faire des erreurs et ne pas y arriver du tout. Certains passages restent un peu indigestes, d'autres sont carrément faciles et vous aiderons à aller jusqu'au bout de votre lecture. Il y a aussi pas mal d'idées et de convictions personnelles dans cet ouvrage. C'est facile à repérer. Certains verront dans ces lignes des ressemblances avec des personnes qu'ils connaissent : mais évidemment cela n'est que pur hasard.

Je vous remercie d'être là ce soir, en particulier les amis de mes enfants, qui sont concernés et qui vont sûrement nous bâtir un monde meilleur. Et maintenant continuons la discussion autour d'un verre ou sur mon blog où je serai heureux de lire vos commentaires : http://bdufay.over-blog.com/

 

Par B. Dufay
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Samedi 7 novembre 2009

Un livre autour d’un verre



 

 : café le XVI, 13 avenue de la Grande Armée, Paris 16ème

 

Quand : le 12/11/09 de 18h30 à 20h30

 

Quoi : découvrir un livre « EGO cherche COMPAGNIE », avec son auteur Bruno Dufay et son éditeur Dominique Frison-Roche

 

 

Individualistes, nous le sommes tous. Seuls, nous le sommes tous les jours davantage

 

Quel est le secret des "perso, libres et heureux" ?

 

En bon amateur de philosophie et de sociologie, l'auteur n'a pas oublié les vertus du questionnement et du dialogue ni les bénéfices de la créativité et de la reconnaissance sociale. Pour vivre ensemble, il faut se réaliser soi-même et le chemin passe par les autres. Ce sont eux qui nous font exister et c'est avec eux que l'on réalise nos meilleurs projets.

 

Ce livre est facile d’accès ; il propose un cheminement et décrit une évolution qui permet de sortir de la solitude tout en restant soi-même. Il est concret avec ses "ego-tests" détecteurs de personnalité. Il met aussi en scène deux individualistes fictifs qui réagissent à des problèmes de tous les jours, nous renvoyant ainsi à des situations concrètes.

 

 

 

 

Editions Frison-Roche, 18 rue Dauphine, 75 006 Paris, 01 40 46 94 91 ; http://www.editions-frison-roche.com/

 

 

 

 

Par B. Dufay
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Dimanche 25 octobre 2009

EGO cherche COMPAGNIE sort des presses de l'imprimeur le 5 novembre 2009. Découvrez la couverture ci-dessous.
                                                         Je vous rappelle l'éditeur: http://www.editions-frison-roche.com/

                 

 

 


Individualistes
, nous le sommes tous, libres de penser et d'agir selon un système de valeurs très personnel. Seuls, nous le sommes tous les jours davantage car notre univers semble de plus en plus incompatible avec celui des autres.

 

Mais alors, quel est le secret des "perso, libres et heureux" ?

 

En bon amateur de philosophie et de sociologie, l'auteur n'a pas oublié les vertus du questionnement et du dialogue ni les bénéfices de la créativité et de la reconnaissance sociale. Pour vivre ensemble, il faut se réaliser soi-même et le chemin passe par les autres. Ce sont eux qui nous font exister et c'est avec eux que l'on réalise nos meilleurs projets.

 

Mais pour vivre ensemble, il faut d'abord apprendre à se connaître et ce livre nous le permet grâce aux différents "ego-tests" détecteurs de personnalité. Il met aussi en scène deux individualistes fictifs qui réagissent à des problèmes de tous les jours, nous renvoyant ainsi à des situations concrètes.

 

Ce livre est facile d’accès ; il propose un cheminement et décrit une évolution qui permet de sortir de la solitude tout en restant soi-même. Vaste projet individuel et grand défi collectif !

Par B. Dufay
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Dimanche 18 octobre 2009

La solitude de l'individualiste

 

Je ne sais pas si vous allez apprécier mon prochain livre « Ego cherche compagnie » qui sort dans quelques semaines. Mais je pense avoir fait œuvre utile en l’écrivant : c’est un peu prétentieux d’écrire cela. Pardonnez-moi; mais en voyant cette solitude mal vécue qui habite l’individu d’aujourd’hui, j’espère lui avoir donné quelques pistes pour en sortir.

 

Solitude entraînée par le manque de temps, l'égocentrisme ambiant, la course folle de la vie moderne. Solitude dans la vie suite aux accidents qui se multiplient : maladie, divorce, conflits interpersonnels. Solitude face à la complexité, à l’abondance d’information, face aux décisions… Mais surtout solitude mal vécue. Souvenons-nous des gardes forestiers, des gardiens de troupeaux, des voyageurs qui partaient seuls pendant de longs mois, des isolés des guerres et des catastrophes de toutes sortes : ils souffraient mais ils semblaient vivre leur solitude de manière plus apaisée qu’aujourd’hui. La solitude est devenue intolérable, inacceptable, insupportable.

 

Ce sentiment d’échec que l’on a si on ne communique pas, l’habitude de parler de soi et de se répandre s’ajoutent à une vie intérieure trop pauvre et à une vie spirituelle proche du zéro absolu. L’agitation, la dispersion, la dilution de l’individualité sont la cause de ses vides qui rendent ses vies de solitaires quasi intenables. La famille, la religion et le rapport à la nature d’antan n’ont pas été remplacés ou plutôt l’ont été par du bruit qui fatigue. Le travail fournissait un statut professionnel qui suffisait à se sentir utile et se considérer à une certaine place dans la société. Aujourd’hui on recherche identité et statut ailleurs, dans des signes extérieurs comme les piercings, l’habillement, les tatouages, dans des modes de consommation qui donnent l’impression d’exister, dans des communautés plus ou moins virtuelles et fermées sur elles mêmes. Pour remplir ces vides, j’ai trouvé deux éléments : l’écoute et la création. Ils sont les outils indispensables à la reconstruction de l’individualiste souffrant de solitude. L’écoute qui intensifie la relation à l’autre et la création qui laisse des traces tangibles permettent de se découvrir, de se faire sa place au milieu des autres et amènent à la spiritualité.

 

Ces livres que j’ai publiés m’ont permis de progresser dans ma connaissance des idées et dans ma compréhension du monde. J’en ressors plus cultivé et plus agile d’esprit sur les questions de société, mais sans prétention d’avoir atteint la vérité, ni fait de découvertes. C’est la moitié de mon approche, celle qui me concerne personnellement : elle est égocentrée. L’autre moitié est la tentative d’explication que j’ai faite. Je suis toujours aussi persuadé de l’importance de faire comprendre au plus grand nombre les choses complexes qui les environnent. Mes livres sont toujours des essais de vulgarisation. Plus ou moins réussis, mais porteurs d’une sincère tentative de venir en aide aux autres. Dans tous les cas, je n’aurais pas été capable d’écrire de véritables essais car mes capacités intellectuelles et le temps que je consacre à ces écrits n’auraient jamais été suffisants.

Par B. Dufay
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Samedi 10 octobre 2009
             
                                                                         La bonne idée de M. Hirsch


Je serai bien seul à être pour l'idée de M. Hirsch qui consiste à récompenser par une somme d'argent l'assiduité des élèves d'une classe. Encore un bel exemple de désinformation massive: tous les médias et même des pédagogues de renom ont parlé de scandale car on allait donner de l'argent aux élèves pour qu'ils aillent en classe. Cela serait scandaleux, mais il ne s'agit pas de rémunérer les élèves; il s'agit de financer des projets collectifs de classe: voyage, achat de matériel, permis de conduire...

Je trouve cette idée très bonne car il faut lutter par tous les moyens (ou presque) contre l'école buissonnière. Ceux qui n'auront pas un bagage suffisant seront de plus en plus des exclus du monde professionnel et par conséquent des exclus de la société. 

Il vaut mieux montrer la carotte que donner du bâton, surtout avec des adolescents. Ce qui est amusant, c'est que ceux qui hurlent contre cette carotte sont aussi ceux qui hurlent régulièrement contre le bâton. Ils n'ont décidément rien à proposer !

Je trouve l'idée bonne car elle donne un objectif commun à un groupe de jeunes. Elle a l'avantage d'éduquer à cette notion si délicate de collectivité. Une collectivité n'est pas une bande; c'est un ensemble d'individus qui n'ont pas choisi d'être ensemble mais qui le sont. Elle résulte de ce rapprochement d'individus et en même temps, elle modèle l'individu en lui imposant des règles de vie en commun.  La collectivité produit plus que la somme de ce que chaque individu peut faire isolément.

Dans notre démocratie individualiste, l'individu a tendance à tourner le dos à la collectivité car il supporte moins ses contraintes. Mais comme l'individu a besoin de proximité, de reconnaissance et d'identité, il n'a pas envie de rester à l'écart des autres. La tendance est donc de se regrouper en communautés plus ou plus enfermées sur elles-mêmes, en bandes de gens qui se soudent autour d'un chef ou d'un projet, ou encore en groupes de personnes qui cherchent à se ressembler fortement (mode, piercing, tatouage...). Ces regroupements ne font pas dans la diversité et dans l'ouverture; ils nuisent à l'intégration dans la société; ils empêchent celle-ci de fonctionner harmonieusement. 

Alors cette idée de M. Hirsch est bonne car, au delà de son objet, elle crée des liens entre tous les élèves d'une classe, elle montre ce qu'il y a de positif dans la notion de collectivité. Elle apprend ce qu'est une société, comment cela fonctionne, comment on peut vivre en société dans ses nombreuses dualités: 

     un - tous, moi - eux, liberté - contrainte, intérieur - extérieur, origine - produit, droits - devoirs, donner - recevoir

Elle peut nous apporter beaucoup, mais pas plus que ce qui provient de nos contributions.Nous sommes les éléments de base, l'origine de la société et en même temps nous en sommes les produits. Sans elle, nous ne pouvons pas exister mais elle ne peut pas exister sans des individus qui acceptent de jouer un peu le jeu collectif. 
Par B. Dufay
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Samedi 19 septembre 2009

C'est une grande joie pour moi de vous dire que mon livre va sortir en octobre; il est annoncé sur le site de l'éditeur:

http://www.editions-frison-roche.com/


Nous avons opté pour un titre plus clair: EGO CHERCHE COMPAGNIE

Sous titre: comment rester individualiste sans être seul?

Quatrième de couverture:

Individualistes, nous le sommes tous. Nous sommes de plus en plus centrés sur nous-mêmes, car nous devons défendre notre intérêt, penser à nous avant les autres. Pourtant nous n'aimons pas être seuls : nous ne pouvons pas vivre seuls, car c'est l'Autre qui nous fait exister et qui renforce notre identité.

 

Comment aller vers l'Autre en étant individualiste et en restant soi-même ? C’est la question centrale de ce livre. Il propose de sortir de ce paradoxe : Non, nous ne sommes pas condamnés à être toujours plus individualistes, toujours plus seuls et toujours plus malheureux. Ce livre propose une analyse pertinente de la société individualiste et ouvre des voies, donne des pistes très pratiques pour comprendre ce que l'Autre peut apporter et comment améliorer son estime de soi. Chaque partie est illustrée par de petites histoires, autant d’épisodes de la vie de deux individualistes fictifs ; il contient aussi des ego-tests ou questionnaires pour se découvrir soi-même.



Je vous tiendrai au courant de la suite des événements.

Par B. Dufay
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Samedi 12 septembre 2009

Réflexions issues de la lecture de Sciences Humaines d’Août/Septembre 2009

  

 

Dans ce numéro d’août/septembre 2009, deux articles ont attiré mon attention. L’un combat les théories de Marx, l’autre celles de Freud. Je vais essayer de les résumer et dire ma satisfaction de lire des études scientifiques qui viennent confirmer les intuitions que je porte en moi depuis très longtemps.

 

Le premier article présente un récent ouvrage de M. Godelier : Communauté, société, culture. Trois clés pour comprendre les identités en conflits. En sa qualité d’anthropologue, M. Godelier a étudié plusieurs sociétés vivant à l’écart de la modernité. Après de longues années de travail, il démontre que la place de l’homme dans la production ne structure pas tant que cela la société ; les classes sociales ne reposent pas sur l’économie des sociétés. Comme personne ne remet en cause l’existence de classes, il faut se demander ce qui conduit à cette structure. Il semblerait que l’homme tire son pouvoir des rites religieux ; il utilise la religion pour asseoir son pouvoir et augmenter ses possessions. Cela lui donne un rôle social et explique le type de profession qu’il exerce, et in fine cela structure la société. M. Godelier explique : « l’invention des dieux fait les sociétés humaines » et plus loin : « ce ne sont pas les places qu’occupent les groupes sociaux dans la production qui expliquent leur place dans la société, mais au contraire la place et les fonctions qu’ils occupent dans la société qui expliquent leur place dans les rapports de production ».

Mon intuition était que le rapport à l’économie et l’appartenance socioprofessionnelle sont des notions trop limitées pour comprendre un individu  Ses traditions et sa religion ne peuvent pas être ignorées ou mis de côté ni d’un point de vue théorique, ni sur le plan politique : les pays qui ont essayé de rejeter les aspirations spirituelles et religieuses d’un peuple ont mis un couvercle sur un feu impossible à éteindre. Tôt ou tard le couvercle saute violemment ; c’est ce que nous avons observé dans les ex républiques soviétiques. Il me semble voir dans les travaux de Maurice Godelier quelques raisons supplémentaires de s’éloigner définitivement du marxisme. Je suis toujours surpris par la fascination que la pensée de Marx peut exercer en France malgré les abominations auxquelles elles ont conduit. Des reflexes intellectuels marxistes sont encore bien présents dans l’esprit de beaucoup de gens.

 

Peut-on en déduire que le religieux est le moteur des sociétés et que toute tentatives d’étouffer le sentiment religieux est contre-nature et vouée à l’échec ? J’aimerais rapprocher le résultat de M. Godelier avec l’inspiration artistique de l’homme. Depuis la nuit des temps, cette dernière trouve sa source dans les sentiments mystiques. Et depuis que les artistes rejettent Dieu, ils se stérilisent, s’opposent à tout, tournent en rond à force de tout déconstruire et se mettent à délirer. Il me semble que le citoyen lambda ressort lui aussi avec un sentiment de mal-être profond depuis que l’on cherche à extraire Dieu de la vie artistique et intellectuelle d’abord, politique ensuite, de notre pays.

 

Dans le même numéro de Sciences Humaines un dossier fait le point sur la science des rêves. Là aussi je suis toujours extrêmement surpris par la fascination que les idées de Freud exercent sur les français. Pourtant les derniers travaux montrent clairement qu’il se trompait sur plusieurs points importants : les rêves sont très nombreux et ne se réduisent pas aux quelques-uns dont on se souvient au réveil ; ils se produisent tout au long du sommeil, et pas à certaines phases seulement ; ils ne sont pas des représentations symboliques de pulsions sexuelles refoulées, mais plutôt un travail du cerveau pour rejouer des scènes de la vie courantes, pour assimiler les nouvelles informations apprises dans la journée et pour retrouver sa cohérence. Les Freudiens rappellent que la méthode de Freud reste valide, ce qui est vrai, mais ils auront du mal à nous faire oublier leur obsession à interpréter sexuellement tous les rêves. Cette idée que les rêves sont l’expression du travail que le cerveau fait à notre insu lorsque nous dormons me tient à cœur depuis de longues années ; j’y étais parvenu lorsque j’étudiais l’Intelligence Artificielle dans les années 80 en observant l’énorme travail que tout système se devait de faire pour rester en cohérence avec son environnement.

 

Pourquoi nous avoir bourré le crâne de ces deux théories ? Pourquoi tant de publicité autour de la psychanalyse et du marxisme ? Pourquoi les professeurs de philosophie ont-ils tant parlé de ces deux auteurs ? Il leur aurait fallu jouer la prudence, refuser le statut de vérité scientifique à ce qui n’était que spéculations et ne pas se laisser influencer par leurs idées politiques ou philosophiques. Professeurs et intellectuels aiment à déconstruire les valeurs traditionnelles ; le marxisme leur donnait une occasion de chambouler les structures socioprofessionnelles de la société et de promouvoir l’athéisme et le matérialisme ; la psychanalyse leur donnait une bonne occasion de montrer leur talent à parler librement de sexe et de quelques horreurs que la société nous avait appris à dissimuler. Bonne ou mauvaise nouvelle ? À chacun de voir, mais on mettra maintenant beaucoup de temps à extraire de la pensée populaire les erreurs et contre-sens cachées au sein de ces théories.

 

Se précipiter sur des théories et les enseigner comme des vérités, c’est bafouer à la fois le bon sens, la philosophie et la démarche scientifique. Aujourd’hui j’ai fini par comprendre que philosopher, ce n’est pas étudier les auteurs,  apprendre à raisonner de façon logique et construire des systèmes de pensée plus ou moins complexes ; c’est simplement regarder plus loin que le bout de son nez et de celui des auteurs à la mode. Et ça, c’est une bonne nouvelle !

Par B. Dufay
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Dimanche 30 août 2009

Après quelques semaines de vacances, il faut se remettre au travail et repenser à ce cher BLOG.

Juste avant de partir, au milieu de la première semaine d'août, je suis tombé sur Ushuaia, l'émission de Nicolas Hulot. Ce dernier nous a montré des peuplades vivant loin de toute modernité dans des environnements plutôt inhospitaliers. Les images étaient superbes et les rencontres avec ces gens si différents de nous étaient émouvantes. J’ai passé un très bon moment devant cette émission jusqu’à la conclusion de N. Hulot. Dans les 10 dernières minutes, celui-ci nous a donné le sens de son projet. Il nous a expliqué que ces peuples avaient certainement plus à nous apprendre que nous avons à leur apporter et qu’en tous les cas le mieux est de les laisser tranquilles.

 

Tout le monde sera d’accord sur la fait de laisser ces peuples évoluer à leur propre rythme, mais pourquoi leur sagesse, le chamanisme, leur mode de vie seraient ils meilleurs ou « plus valables » que le nôtre ? Leur violence est tout aussi forte que la nôtre lorsque les jeunes doivent passer par des rites brutaux pour devenir adultes. La liberté des jeunes filles est inexistante lorsqu’elles sont vendues à un homme riche. Les conflits entre peuplades sont aussi nombreux que nos guerres. Leur mode de vie ne fonctionne que pour des petits groupes d’individus et leur espérance de vie est très basse. Je sais que N. Hulot est intelligent et qu’il n'ignore pas ces faits. Je sais qu'il pense à la sagesse de ces peuplades face à l’environnement, à leur intelligence de vie dans la nature et, en contre point, à notre folie destructrice de milieux naturels. Cette manière que beaucoup de présentateurs ont de faire des raccourcis et de baver sur notre monde est agaçante ! Probablement par populisme et souci d’audience !

Par B. Dufay
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Samedi 4 juillet 2009
Bonne nouvelle ou mauvaise nouvelle 

Mardi dernier sur une grande radio nationale, j’ai entendu qu’une étude a été faite par des scientifiques pour voir quelles personnes sont les plus contrôlées par la police. Le journaliste indiquait que l’étude montre clairement que les noirs et les maghrébins sont les populations le plus souvent contrôlées. Cela fait penser au délit de facies. Mauvaise nouvelle !

 

Le lendemain une autre grande radio nationale a parlé de cette même étude mais a mieux traité le sujet. Elle a demandé  au responsable de l'étude d'en donner les conclusions  : la police contrôle en priorité les populations habillées à la mode « hip hop », et dans cette population, les jeunes hommes noirs et maghrébins sont effectivement surreprésentés. Un commissaire de police interviewé sur ce résultat a expliqué que leurs « cibles » étaient en effet bien ce que l’étude a montré. L’habit ne fait pas le moine, mais bon…

 

Bonne nouvelle ou mauvaise nouvelle ?

 

Par B. Dufay
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