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Samedi 7 juin 2008

Journalisme et individualisme


Le métier de journaliste est certainement difficile à exercer. Plus la société repose sur l'information et la communication, plus le traitement de l'information devient périlleux et les métiers qui le concernent difficiles à exercer. On a maintes fois expliqué qu'il est impossible aux journalistes d'être totalement objectifs et indépendants des pouvoirs. De même, on leur a souvent reproché les problèmes intrinsèques à tout traitement de l'information, par exemple, l'effet de la répétition d'une information qui entraîne sa banalisation ou sa dramatisation. Le traitement en temps réel et en continu de l'information a ses bons et ses mauvais côtés. C'est ce qui fait tourner les affaires et c'est ce que le public demande. Je ne reviendrai donc pas sur ces questions.

Ce qui m'intéresse ici, c'est d'observer le comportement des individus journalistes travaillant au sein de la société individualiste. Par le pouvoir qu'on leur a conféré, à cause de la fascination du public pour les médias, ils se sont forgé une très haute idée d'eux-mêmes et ils ont une forte tendance à se placer au dessus des lois et de l'éthique. Commençons par quelques exemples. La précipitation a entraîné récemment l'annonce de la mort de quelqu'un qui n'était pas décédé. C'est une faute morale et professionnelle que de n'avoir pas vérifié ses sources au préalable. De même, l'occupation de l'antenne à toute force, sans avoir aucune information précise à délivrer, entraîne des erreurs : les mots en appellent d'autres qui finissent par déformer la réalité. Egalement la couverture de certains sujets horribles entraîne des dérives dans le discours. Je pense au procès Fourniret. Est-il utile de le traiter ? En voulant le couvrir, on est forcément conduit à donner des détails choquants qui n'apportent rien à personne. N'y avait-il pas seulement à rendre compte de l'avancement du processus, de la peine demandée et des sentences rendues ? Que peut bien apporter de parler de ce genre d'agissement aux heures de forte audience ?

Il ne s'agit pas seulement de protéger les jeunes oreilles ! C'est que les personnes peu stables, cherchant à se faire connaître à toute force, ne demandent qu'à être abreuvés d'informations de cette nature pour s'en inspirer. Nous vivons dans une société de la communication qui est de plus en plus individualiste au sens que chaque individu cherche son identité, essaie de se différentier, veut exister dans la foule. Pour cela il faut se faire connaître et reconnaître. Cette sensibilité à la notoriété est partagée par nous tous. Que ne ferions-nous pas pour sortir du lot et nous singulariser ? Les uns sont capables d'actes sauvages pour obtenir de la société un signe d'intérêt. D'autres manipulent et jouent sur les cordes sensibles des auditeurs pour faire passer leur message. D'autres, plus amusants, organisent des canulars ou cherchent simplement à être filmés par les caméras des grandes chaînes. Les journalistes connaissent bien ces phénomènes, ainsi que cette sorte d'autorisation à passer à l'acte que provoque le fait de parler d'une déviance dans les médias. Mais ils continuent dans la même veine.

Pourquoi ne font-ils pas marche arrière ? Plusieurs raisons sont avancées. La première est la pression économique qu'ils subissent, idée souvent évoquée dans ces discussions. Nous devons accepter que la compétition peut pousser à la faute, mais cet argument a ses limites. Dans les autres activités, les salariés sont aussi exposés à la concurrence mais ils ne se livrent pas pour autant et aussi souvent à des actes immoraux ou illégaux. La deuxième raison est l'absence de contrôle et de sanctions. Aucune forme de contrôle du métier journalistique ne fonctionne dans les pays démocratiques ; les organismes comme le CSA ou le contrôle par les pairs ont montré leurs limites. Les journalises se justifient aussi en brandissant le droit à l'information du public et la réponse à ses demandes. Ce sont deux arguments fallacieux. D'abord on a vu à de multiples reprises qu'ils ne savent pas ce que pense et veut le public (cf le référendum sur la constitution européenne) ; ensuite nous savons tous qu'ils influent sur les comportements des spectateurs/auditeurs de plus en plus fortement et donc qu'ils engendrent ce qu'ils ont envie d'entendre. Enfin ce fameux droit n'empêche pas le minimum de réserve que la morale collective exige.

Par B. Dufay
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Samedi 31 mai 2008

Quelques nouvelles de mes discussions avec les éditeurs

J'ai eu un excellent entretien récemment qui m'a montré que je ne posais pas le problème assez nettement. Au fait, où est le problème? L'individualiste par défénition se trouve très bien dans son état! Or si un livre ne montre pas un problème puis des solutions, personne ne l'achête! ça se comprend bien. Alors j'ai réécrit mon introduction que je vous soumets ci dessous. J'ai renvoyé cette version à deux nouveaux éditeurs en modifiant le titre. PERSO, LIBRE et HEUREUX ne montrant pas bien le problème traité, j'ai proposé:

TROUVEZ VOTRE PLACE DANS LA SOCIETE INDIVIDUALISTE

 

Stimuler l’écoute et la création pour mieux vivre ensemble


INTRODUCTION
Nous sommes tous des individualistes, à des degrés divers et chacun à notre manière. Comment ne pas l'être dans ce mouvement général qui établit partout le règne du « chacun pour soi » ? Et puis, il faut bien s'occuper un peu de soi, prendre soin de notre personne, sinon qui le fera à notre place ? Il n'y a pas de mal à se faire du bien ! Au fond, c'est assez plaisant d'être individualiste, cela apporte des satisfactions chaque jour de la vie, et on peut espérer les rendre toujours plus intenses.

D'un autre côté, la vie moderne nous fatigue et nous savons bien qu'elle nous conduit à des impasses :
- elle nous conditionne, elle nous infantilise, elle nous tente et en même temps, elle nous frustre à longueur de spots publicitaires,
- elle nous illusionne, elle nous fait croire à des lendemains qui chantent à condition que nous courions toujours plus vite,
- elle distend les liens d'amitié, elle nous éloigne de notre famille et elle crée des relations virtuelles faisant fi des distances,
- elle nous standardise, elle nivelle tout comme un rouleau compresseur, l'individu n'étant qu'un pion dans l'économie mondialisée,
- elle nous oblige au questionnement, elle nous déboussole en relativisant les valeurs et en faisant disparaître les repères d'antan.

Nous le savons, cette vie moderne engendre en nous des souffrances physiques et morales, mais nous n'avons pas le temps d'y réfléchir. Nous devons avancer tête baissée, même si le fardeau est pesant. Et il est très lourd, ce fardeau ! Notre épanouissement n'est pas complet. Nous aimerions nous exprimer selon toutes les facettes de notre personnalité. Nous aimerions trouver notre place dans cet environnement difficile, nous différencier dans la foule et nous sentir moins seuls. Il devient de plus en plus effrayant de nous retrouver face à nous-mêmes. A force de repousser à demain l'examen de nos vrais problèmes, ils finissent par nous revenir comme des coups de poing en pleine figure. Nos relations avec les autres ne s'améliorent pas, elles se compliquent chaque jour davantage ; nous ressentons de l'agressivité à chaque carrefour. Alors les accidents de la vie se multiplient et nous avons cette sensation déprimante que le bonheur s'éloigne au fur et à mesure que nous croyons nous en approcher.

La vie moderne et l'individualisme ambiant sont-ils responsables de tous nos maux ? Ou de certains d'entre eux ? En regardant cette notion d'individualisme de plus près, j'ai réalisé que la réponse à ces questions est positive, car elle ne recouvre pas seulement les comportements égocentriques dont on parle fréquemment, mais aussi des recherches d'identité, des tentatives de se différencier, des appels à exister, des demandes de reconnaissance qui répondent à un sentiment de n'être pas considéré comme une personne à part entière, unique et singulière. Le moins que l'on puisse dire est que cette notion est pleine de paradoxes. Elle est à l'origine de beaucoup de nos souffrances ; mais on ne peut pas la renier, l'ignorer ou décider de la jeter par-dessus bord. Il faut plutôt chercher à l'apprivoiser. Elle correspond à la fois à la quête éternelle d'homo sapiens vers toujours plus de liberté individuelle et à une sorte de maladie de société qu'il faut soigner avec détermination.

Ce livre ne s'adresse pas aux psychologues professionnels ou de comptoir ; il n'est pas non plus un manuel d'auto-psychothérapie. Cet ouvrage est modeste et ambitieux à la fois. Modeste car il découle de mon histoire personnelle et de mon expérience d'accompagnement d'adolescents. Ambitieux car il tente de montrer un chemin. Il fait prendre conscience du contexte individualiste dans lequel nous vivons, il permet d'en repérer les excès et de détecter ceux qui agissent négativement sur nos vies. Ensuite il tente de stimuler en nous deux capacités souvent en veilleuse, l'écoute et la création. Elles peuvent agir ensemble pour nous éloigner de ces excès et nous aider à mener une vie plus épanouie en meilleure relation avec nos semblables, tout aussi individualistes que nous. Enfin j'espère faire partager aux lecteurs mon optimisme : oui, il est possible pour chacun de nous d'être individualiste et heureux dès aujourd'hui ; oui, le vivre ensemble peut s'améliorer, même dans une société aussi individualiste que la nôtre ! Certes pas en un jour, mais l'espoir est réel pour les générations à venir !

 

Par B. Dufay
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Lundi 12 mai 2008

Fin de ennui, regrets et questionnements

Et comme si ces regrets n’étaient suffisamment lourds à porter, la société de consommation fait monter en nous des envies et ne nous donne pas les moyens de les assouvir. Comment ne pas être un frustré de la vie ? L’abondance de toutes choses est difficile à gérer : celui qui a les moyens de les posséder se lasse et s’ennuie, celui qui n’a pas les moyens cherche à ne pas se singulariser comme celui qui est incapable d'acquérir. Il ne comprend pas pourquoi tel nouvel objet lui serait inaccessible alors que d'autres peuvent l'acheter. D'où une frustration croissante, pénible à supporter tout au long de la vie, qui s'exprime par des relations agressives avec les autres, avec son conjoint, avec soi-même, parfois à l'origine de comportements déviants ou délinquants. Les jalousies augmentent d’autant plus que tout se sait et qu’aucun repère ne nous aide à expliquer les différences. Elles deviennent alors des inégalités inacceptables. A force de ne médiatiser que les succès tape-à-l’œil ou les catastrophes et les injustices, vivre une vie ordinaire devient un calvaire ; n’être ni connu, ni original, ni consommateur comblé, ni victime réclamant ses droits est une grande frustration.

 

Arrivé à l’âge adulte, nous passons une bonne part de notre énergie à gérer nos regrets et nos frustrations, à essayer de les oublier, à repousser à plus tard le moment où il faudra faire les comptes. Et si l’on essayait d’apprendre à n’avoir pas de regrets ni de frustrations ? On éviterait bien des difficultés en prenant le mal à la racine. La réflexion à tête reposée est la seule recette connue. Prendre du recul. Envisager les possibilités, estimer l’intérêt immédiat de chacune, leurs conséquences futures, leur impact sur soi et sur son entourage. Se décider en connaissance de cause. Se dire qu’une décision prise est toujours un acte difficile, qu’il est possible de se tromper, mais qu’il vaut toujours mieux décider quelque chose plutôt que se laisser entraîner par le flux de la vie. Enfin et surtout méditer la phrase de Lao Tseu « Celui qui sait se contenter sera toujours content. » C’est l’apanage de l’Homme sage et libre. Mais pour réfléchir et méditer, il faut accepter de poser les crayons et de sortir de l’activisme, du papillonnage et du zapping relationnel. Nous voila revenus au point de départ ! Le seul moyen de sortir de la boucle est d’apprendre à s’ennuyer un peu ; le « un peu » fait la différence : il faut s’ennuyer à petite dose, juste assez pour se relaxer, mais pas assez pour se sentir abandonné. Première étape : adopter des activités personnelles sans relation avec autrui, comme la lecture, l’écriture, le bricolage, la marche à pied en solo. Deuxième étape : penser à soi, aux relations que nous avons avec le monde, sans s’apitoyer ni se glorifier, comme un examen de conscience solitaire. Troisième étape : méditer, laisser son esprit vagabonder, entrouvrir la porte aux questions existentielles. En silence, pour se confronter progressivement de plus en plus frontalement à sa solitude. Suffisamment longtemps, pour prendre de la distance avec ses angoisses existentielles et reprendre l’habitude de gérer sa vie.

 

Nous sommes des individualistes du vingt et unième siècle, réflexifs, centrés sur nous-mêmes, en relations multiples, mais seuls face à nos choix. Il faut se préparer à ces questions toujours plus nombreuses que la vie moderne nous pose : rien n’est acquis, tout est questionnable, plus rien n’est vraiment sûr, tout est douteux et relatif. Nos bons vieux repères fournis par les traditions, la morale et la religion avaient l’avantage de nous apporter les réponses sur un plateau ; ils ont été mis au rebut. A nous de nous débrouiller seuls pour trouver par nous-mêmes et en nous-mêmes des réponses, plus ou moins satisfaisantes et provisoires ! Il est urgent d’apprendre à s’ennuyer car un peu d’ennui permet de maîtriser le court du temps et de regarder ces questions qui se présentent, non pas comme des monstres à éviter, mais simplement comme des épreuves normales de la vie. Et avec la durée de vie qui s’allonge, c’est un apprentissage qui prend de l’importance !

 

 

Louveciennes, Mai 2008

Par B. Dufay
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Dimanche 4 mai 2008

Suite de ennui, regrets et questionnements

Nous perdons l’habitude de ne rien faire. Nous craignons de perdre notre temps. Nous redoutons l’ennui. Nous avons peur de la solitude. Car telle est la réelle panique : être seuls face à nous-mêmes, sans communiquer avec personne. Cela signifie que notre existence n’est plus révélée par les messages que nous envoyons aux autres et par les retours que les autres nous renvoient. Cela signifie que nous ne pouvons plus nous dire : je suis bien vivant, car je réagis aux sollicitations de l’entourage et des médias. Lorsque nous sommes seuls sans rien faire, le sentiment d’exister repose sur nous-mêmes seulement. Des questions vont monter à la surface, de vraies questions, existentielles, difficiles à répondre, celles qui font peur… D’où nous vient cette peur ? Sommes-nous fragiles, vides, déboussolés ou simplement sans réponse ? En vieillissant, cela ne s’arrange pas, nous avons la sensation que le temps passe de plus en plus vite. Les occupations nombreuses se combinent à des préoccupations encore plus nombreuses, ces questions existentielles qui emplissent la tête en devenant de plus en plus concrètes lorsque la mort approche. La vie s’accélère sans que l’on n’y puisse rien. Impossible de la ralentir alors qu’au même moment certains meurent d’ennui et de solitude.

 

L’ennui avec l’ennui, c’est qu’il laisse remonter aussi du fond de nos âmes les regrets et frustrations que nous avons accumulés. Ces remontées ne sont pas agréables. Au début de la vie, pendant même un bon premier tiers, on regrette des actes aux conséquences pratiques : oublier ou perdre quelque chose, dire un mot de trop, laisser passer une opportunité… Petit à petit les regrets ont comme origine des manquements : n’avoir pas trouvé les mots qui conviennent, n’avoir pas osé dire le fond de sa pensée, n’avoir pas trouvé l’attitude qui convient, avoir perdu contenance dans une situation importante, avoir manqué à l’un de ses devoirs... Ces regrets de « n’avoir pas » sont beaucoup plus pointus que les précédents au sens qu’ils font mal très profondément au fond de soi et pour longtemps. On ne se reproche plus une simple erreur, on s’en veut de n’avoir pas été à la hauteur. On peut oublier une bêtise, un défaut, mais on garde en soi les petitesses. On se déçoit soi-même, on se constate mauvais, imparfait, nul. Ces regrets font d’autant plus mal que les manquements ont fait mal à celui qui les a subis. Ils sont relatifs à soi et à l’autre. Ils sont la conséquence d’avoir froissé, vexé, humilié, de n’avoir pas aidé, encouragé, de n’avoir pas compati à une souffrance. Il faut un quart de seconde pour décider de passer son chemin devant la misère d’un être cher ou d’un inconnu et on le regrette tout le reste de sa vie.

 

Il y a aussi les regrets qui tournent au fond de nous, moins pointus, moins blessants que les précédents, mais qui donnent le tournis pendant très longtemps. Ils trouvent leur origine dans nos problèmes d’identité. Ils se formulent par des questions qui commencent toutes par : qui serais-je ? En prenant tel chemin plutôt qu’un autre, ai-je eu raison ou tort ? Qui serais-je devenu ? Une part de moi ne se serait pas exprimée, et une autre aurait pris le dessus. Chaque choix abandonne un « moi » et on peut toujours penser que celui-ci aurait mieux valu que celui avec lequel nous vivons. Terrible vie qui nous oblige à faire des choix en permanence, sans retour arrière possible, et qui nous expose aux regrets. Et si tel événement ne m’était pas survenu, qui serais-je aujourd’hui ? Terrible penchant que nous avons à chercher des coupables et à nous reprocher ce pourquoi nous ne sommes pour rien !  

(troisième partie très bientôt)

Par B. Dufay
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Lundi 28 avril 2008

Ennui, regrets et questionnements

   

 

 

L’ennui est le seul moyen de ralentir le temps. Nous devrions être contents de ne rien faire, de sentir que le temps passe doucement et que nous avons la joie de vivre chaque seconde sans nous faire de souci, heureux de savourer l’instant présent. Nous devrions en être d’autant plus heureux que nous nous plaignons régulièrement d’être très occupés, de n’avoir pas une seconde à nous. La vie moderne est trépidante, elle est même fatigante. Pourtant nous continuons la route mouvementée, nous fonçons tête baissée et les moments où nous sommes obligés de ne rien faire deviennent insupportables. Paradoxe de la vie moderne. Plus nous sommes occupés par de multiples activités, plus nous avons peur de perdre notre temps et moins nous supportons de nous retrouver seuls sans rien faire. Heureusement que le téléphone mobile nous aide à surmonter ces moments-la ! Un coup de fil à un ami, un jeu, quelques emails, la télévision, internet : tout est là, dans la petite boîte, disponible, partout et à tout moment, pour transformer ces périodes d’inactivité ennuyantes en amusements qui font oublier que le temps passe.

 

Nous sommes fatigués par la vie moderne. Nous savons que pour nous reposer, il faudrait nous ennuyer un peu, de temps à autre. Mais nous ne le souhaitons pas. Surtout pas en vacances, mot qui signifie pourtant « vide » ! Nous cherchons à remplir les vacances par de multiples loisirs et activités sans lesquels elles ne seraient pas rentabilisées. Il faut à chaque instant de vie s’assurer qu’il a valu la peine. La peine de quoi ? La peine d’être vécu bien-sûr, en transformant l’instant qui passe en un petit plaisir de plus, en une gâterie personnelle. On cherche à emplir les temps libres d’aventures excitantes. C’est toujours ça de pris ! Dans tous les cas, c’est toujours aller chercher à l’extérieur de soi un bénéfice. Le profit vient de l’extérieur pour exciter un ou plusieurs de nos centres du plaisir. Le travail qui occupe une grosse partie de l’existence devient la durée à réduire car c’est la partie obligée qui apporte peu de plaisirs. Il nous encombre de contraintes temporelles, géographiques, légales, hiérarchiques... Nous sommes forcés de gagner notre vie, mais c’est devenu un fardeau, une prison de laquelle il faut s’échapper en allongeant les temps libres, les vacances, ce vide à remplir au maximum. On cherche à remplir le vide et à vider le plein.

 

Nous perdons l’habitude de ne rien faire...... (la suite arrivera très bientôt)
Par B. Dufay
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Dimanche 20 avril 2008
chers visiteurs

Ainsi se termine le livre que vous avez suivi tout au long des ces articles. J'espère que vous aurez assez vite l'occasion de le trouver en librairie. Pour l'instant j'ai 5 touches, trois éditeurs étudient mon manuscrit et deux autres me demandent de réfléchir à des améliorations qui leur permettraient de mieux faire entrer mon livre dans leur collection.

Je suis partagé. En faisant les modifications demandées, j'augmente mes chances d'être publié assez vite, mais je devrai couper des passages qui j'aime bien. Ils ont raison de penser à leurs ventes futures, mais j'ai peur de dévier de mon projet initial. Faut-il attendre un éditeur qui accepterait mon manuscrit avec moins de modifications? Je ne crois pas, car j'ai déjà en tête un autre livre: ma cervelle ne peut pas porter deux projets simultanement.

Que va devenir ce blog? Rassurez-vous, la fin du livre ne veut pas dire la fin de mon parcours intellectuel. Je l'ai entamé il y a maintenant 15 ans et je viens de comprendre où il me mène. Pour ceux que ça intéresse je continuerai mon cheminemement sur ce même blog (et sur un autre où mon prochain livre se batira progressivement). Je publierai un peu moins d'articles mais je vous tiendrai informés du devenir de la publication de PERSO, LIBRE et HEUREUX.

à bientôt
Par B. Dufay
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Mercredi 9 avril 2008

conclusion dernière partie

 L'état d'esprit à adopter


L’état d’esprit à adopter pour réussir ce tournant sociologique est celui du positif. Il faut promouvoir les choses belles et positives, les réussites issues du bien, le développement de la paix et de la bonté plutôt que les laideurs du monde. De vastes opérations de repentances, des réécritues de l'histoire, des purges de toutes sortes, des mises au grand jour des sous-terrains, des sous de table et des sous-bois ont eu lieu; il fallait le faire mais il faut savoir s'arrêter et reprendre le chemin de la construction. Aucune amélioration ne se réalise dans un esprit de déconstruction; il faut adopter un état d'esprit positif, pas seulement une pensée positive pour plus de bien être individuel, mais une volonté d'amélioration collective qui considère que le mieux existe et qu'il est la seule voie possible pour la société.

Les jeunes qui vont gérer ce tournant sociologique ont besoin de voir la lumière au bout du tunnel. Ils ont besoin de ressentir la confiance en l'avenir et la confiance de leurs ainés. Cela leur permettra de se projeter dans un avenir meilleur tout en prenant en compte l'expérience des anciens. Ils ont besoin d'être mis en confiance pour se sentir considérés et pour réussir dans les actions qu'ils entreprennent.

Avec la confiance et le positif ils auront l'envie de transformer le monde et l'énergie de se soucier de tous pour les développer. Ils sauront s'adresser à tous les visages de l'être humain et pas seulement au consommateur ou à l'acteur économique. Ils sauront accompagner, guider, mais sans imposer ; aider sans assister ; fournir les bases pour l’épanouissement de tous en société sans laisser croire aux illusions. Lancer une dynamique au cœur de chacun et que chacun doit faire sienne dont la finalité est de cheminer alternativement dans chacun des quatre niveaux identitaire, relationnel, cognitif et spirituel.

Par B. Dufay
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Dimanche 30 mars 2008

conclusion quatrième partie

 Les jeunes nous donnent de bonnes raisons d’être optimistes



Les jeunes sont beaucoup mieux préparés que leurs parents à vivre dans la complexité, à tisser des liens multiples et à gérer le stress des changements fréquents. Ils accordent mieux leurs convictions avec leur travail ou leur vie de citoyen. Il suffit d’observer la manière dont ils répondent aux idées de développement durable, de business éthique ou équitable. Ils sont en train d’apprendre à utiliser les technologies modernes de la communication pour s’individualiser autant que pour vivre ensemble; ils apprivoisent les médias et développent un sens critique nouveau à leur égard. Ils vivent de manière beaucoup plus paisible et tolérante la rencontre avec des personnes différentes, des cultures éloignées de la leur. Enfin et surtout, ils ont du cœur, ils ont une grande sensibilité et un grand sens de l’humain qui transformeront la société en profondeur. Une sorte d’adaptation darwinienne couplée à une régulation sociologique se produit sous nos yeux qui ajustent les individus à la société à laquelle ils appartiennent et aux conditions/contraintes de la vie moderne qui a produit les individus qui constituent cette société.

 

Les jeunes en train de prendre le pouvoir comprennent profondément ce que signifient les besoins de proximité, d’authenticité et de reconnaissance qui s’expriment aujourd’hui. Ils les ont ressentis en eux-mêmes alors que les anciens ne font que comprendre ces idées de manière intellectuelle et théorique. Le défi à relever est de donner du sens à ces mots. Il est d’accompagner l’individu dans son évolution pour éviter qu’il ne tombe dans l’individualisme égocentrique désenchanté. Il faut favoriser ce qui aide l’individu à devenir fort dans sa tête, capable d’écouter et de s’intéresser aux autres, sensible et distancié de ses émotions violentes, capable de s’engager dans du concret et de créer du nouveau, capable de sens critique et en recherche permanente de connaissances.

 

Par B. Dufay
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Vendredi 21 mars 2008

Paradoxes, idées reçues et quelques réflexions personnelles


En travaillant sur les sujets de ce blog (l'individualisme, la création et l'écoute), j'ai rencontré quelques paradoxes et idées reçues que je trouve amusant de réunir ici avec quelques-uns de mes dadas:

> aimer pour comprendre, autant que comprendre pour aimer
> croire pour voir, voir pour croire
> écouter pour créer, autant que créer pour écouter
> réussir pour comprendre et comprendre un minimum pour réussir

> à refuser les risques, à prendre le parti du confort, on développe quantité de regrets et frustrations
> les valeurs ne changent pas, elles sont reformulées de génération en génération
> relativisons nos sentiments, mais surtout pas les valeurs
> il faut cultiver des certitudes incertaines
> il faut sortir de soi pour mieux se connaître

> on peut tous entendre, on est peu à savoir écouter
> créer pour diminuer le poids des regrets et frustrations
> la création est durable et inutile, opposée au caractère immédiat et utilitariste de nos vies
> stop à l'expression débridée, place à la création qui produit du concret
> la création n'est pas solitaire, elle ouvre aux autres
> la création n'est pas réservée à une élite, elle est accessible à tous
> trop de structure réduit la créativité, trop de liberté empêche la créativité

> on déborde de sensibilité, mais on craint celle des autres
> le grand nombre de relations faibles empêche de développer les relations approfondies
> l'éparpillement horizontal empêche l'enracinement vertical
> on s'appitoie pour les drames du bout du monde et on laisse son voisin dans la misère
> participer à la vie collective mais sans trop de contraintes pour soi

  C'est toujours la même chose: on veut le beurre et l'argent du beurre!

Par B. Dufay
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Samedi 23 février 2008


Mes recherches d'éditeurs n'avancent pas très vite. Un seul étudie le manuscrit actuellement. J'ai contacté par mail 4 nouveaux éditeurs et leur ai envoyé le synopsis de PERSO, LIBRE et HEUREUX. J'espère que queques-uns me demandront le manuscrit.

J'ai aussi envoyé par courrier la présentation de PERSO, LIBRE et HEUREUX à Odile Jacob qui a édité IMPARFAITS, LIBRES et HEUREUX de Christophe André. Comme mon titre est tiré du sien, c'est un peu de la provocation. Je lui demande aussi à être mis en contact avec C. André. Pas de réaction à ce jour!

Il faut être patient!

Par B. Dufay
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