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Dimanche 30 mars 2008 7 30 03 2008 18:35

conclusion quatrième partie

 Les jeunes nous donnent de bonnes raisons d’être optimistes



Les jeunes sont beaucoup mieux préparés que leurs parents à vivre dans la complexité, à tisser des liens multiples et à gérer le stress des changements fréquents. Ils accordent mieux leurs convictions avec leur travail ou leur vie de citoyen. Il suffit d’observer la manière dont ils répondent aux idées de développement durable, de business éthique ou équitable. Ils sont en train d’apprendre à utiliser les technologies modernes de la communication pour s’individualiser autant que pour vivre ensemble; ils apprivoisent les médias et développent un sens critique nouveau à leur égard. Ils vivent de manière beaucoup plus paisible et tolérante la rencontre avec des personnes différentes, des cultures éloignées de la leur. Enfin et surtout, ils ont du cœur, ils ont une grande sensibilité et un grand sens de l’humain qui transformeront la société en profondeur. Une sorte d’adaptation darwinienne couplée à une régulation sociologique se produit sous nos yeux qui ajustent les individus à la société à laquelle ils appartiennent et aux conditions/contraintes de la vie moderne qui a produit les individus qui constituent cette société.

 

Les jeunes en train de prendre le pouvoir comprennent profondément ce que signifient les besoins de proximité, d’authenticité et de reconnaissance qui s’expriment aujourd’hui. Ils les ont ressentis en eux-mêmes alors que les anciens ne font que comprendre ces idées de manière intellectuelle et théorique. Le défi à relever est de donner du sens à ces mots. Il est d’accompagner l’individu dans son évolution pour éviter qu’il ne tombe dans l’individualisme égocentrique désenchanté. Il faut favoriser ce qui aide l’individu à devenir fort dans sa tête, capable d’écouter et de s’intéresser aux autres, sensible et distancié de ses émotions violentes, capable de s’engager dans du concret et de créer du nouveau, capable de sens critique et en recherche permanente de connaissances.

 

Par B. Dufay
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Vendredi 21 mars 2008 5 21 03 2008 18:56

Paradoxes, idées reçues et quelques réflexions personnelles


En travaillant sur les sujets de ce blog (l'individualisme, la création et l'écoute), j'ai rencontré quelques paradoxes et idées reçues que je trouve amusant de réunir ici avec quelques-uns de mes dadas:

> aimer pour comprendre, autant que comprendre pour aimer
> croire pour voir, voir pour croire
> écouter pour créer, autant que créer pour écouter
> réussir pour comprendre et comprendre un minimum pour réussir

> à refuser les risques, à prendre le parti du confort, on développe quantité de regrets et frustrations
> les valeurs ne changent pas, elles sont reformulées de génération en génération
> relativisons nos sentiments, mais surtout pas les valeurs
> il faut cultiver des certitudes incertaines
> il faut sortir de soi pour mieux se connaître

> on peut tous entendre, on est peu à savoir écouter
> créer pour diminuer le poids des regrets et frustrations
> la création est durable et inutile, opposée au caractère immédiat et utilitariste de nos vies
> stop à l'expression débridée, place à la création qui produit du concret
> la création n'est pas solitaire, elle ouvre aux autres
> la création n'est pas réservée à une élite, elle est accessible à tous
> trop de structure réduit la créativité, trop de liberté empêche la créativité

> on déborde de sensibilité, mais on craint celle des autres
> le grand nombre de relations faibles empêche de développer les relations approfondies
> l'éparpillement horizontal empêche l'enracinement vertical
> on s'appitoie pour les drames du bout du monde et on laisse son voisin dans la misère
> participer à la vie collective mais sans trop de contraintes pour soi

  C'est toujours la même chose: on veut le beurre et l'argent du beurre!

Par B. Dufay
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Samedi 23 février 2008 6 23 02 2008 18:26


Mes recherches d'éditeurs n'avancent pas très vite. Un seul étudie le manuscrit actuellement. J'ai contacté par mail 4 nouveaux éditeurs et leur ai envoyé le synopsis de PERSO, LIBRE et HEUREUX. J'espère que queques-uns me demandront le manuscrit.

J'ai aussi envoyé par courrier la présentation de PERSO, LIBRE et HEUREUX à Odile Jacob qui a édité IMPARFAITS, LIBRES et HEUREUX de Christophe André. Comme mon titre est tiré du sien, c'est un peu de la provocation. Je lui demande aussi à être mis en contact avec C. André. Pas de réaction à ce jour!

Il faut être patient!

Par B. Dufay
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Dimanche 17 février 2008 7 17 02 2008 19:04

conclusion troisième parie

 Un tournant sociologique est amorcé, où nous conduit-il?

L’évolution individualiste donne aux individus un sentiment de grande liberté, une impression d’autonomie jamais vue par le passé. Entre les sociétés traditionnelles et la société individualiste, un accroissement de liberté a eu lieu, mais pas aussi grand qu’on pourrait le croire. Les contingences matérielles, les contraintes sociales et sociétales ne nous autorisent pas tellement plus aujourd’hui qu’hier à sortir des sentiers battus, à choisir notre vie et à inventer notre identité. Le changement se trouve ailleurs : il est de l’ordre de la démarche intellectuelle plutôt que dans les résultats de cette démarche. En effet, il est demandé à chaque individu d’être réflexif, c’est-à-dire de se poser des questions à chacun de ses actes, de réfléchir à ses relations avec les autres, à sa place dans la société, à son identité, bref de penser sa vie.
 
Il n’est plus possible de simplement couler des jours tranquilles tout seul dans son petit nid. L’individu ne peut plus être complètement et durablement en phase avec les règles et contraintes dans lesquels il vit, ni adéquat à ses rôles sociaux, et à ses intérêts personnels, encore moins il ne peut être sûr de ses croyances et de ses réponses existentielles. Tout est mouvant et instable, de plus en plus changeant. Pour être un individu aujourd’hui, il faut être capable de se mettre à jour en permanence. Nous sommes condamnés au mouvement perpétuel entre les quatre niveaux identitaire, relationnel, cognitif et spirituel, sans faire l’impasse sur aucun d’entre eux.
 
Les questions, si nous ne nous les posons pas à nous-mêmes volontiers, viennent de l’atmosphère que nous respirons. Elles s’imposent à nous. Nous devons savoir nous justifier à nos yeux et sous le regard des autres ; nous devons être capables d’analyser et expliquer, puis de synthétiser et de communiquer la conclusion de notre pensée. Nous devons passer du temps à chercher des débuts de réponse et devons le faire savoir. Si nous ne communiquons pas nos états d’âme et nos pensées, mêmes embryonnaires, nous ne sommes plus dans le circuit. Si nous ne trouvons aucune réponse à toutes ces questions ambiantes, nous nous croyons malades, nous sommes malades : notre vie n’a plus aucun sens.
 
Quelle sera la sortie de ce tournant ? Je ne le sais pas, je ne suis pas voyant, mais j’ai confiance dans la génération montante qui a toujours vécu cet individualisme en recherche d’individualité. Elle a un regard nouveau sur sa vie, sur la vie en général et sur la société. Cette nouvelle manière de voir l’aidera à inventer de nouveaux modes de gestion des travailleurs, de nouveaux modèles de gouvernement des citoyens, et de nouvelles méthodes éducatives et d’enseignement. C’est un grand défi que les dirigeants et intellectuels des jeunes générations sauront mieux relever que les anciens occupant actuellement les rôles clés.
Par B. Dufay
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Samedi 26 janvier 2008 6 26 01 2008 15:59
Suite aux fêtes de fin d'années (petit article qui est resté trop longtemps dans les brouillons).


Chacun a sa manière de vivre les fêtes de fin d’année. Noël en famille, le 31 décembre avec des amis ; en voyage ou chez soi ou au restaurant; modestement ou fastueusement... Je crois quand même que la majorité d’entre nous mettons les petits plats dans les grands à cette occasion. C’est la fête, il faut la célébrer. Les cadeaux toujours plus nombreux, les repas toujours plus copieux et raffinés. Certains le déplorent ; j’ai entendu bien des gens se lamenter que Noël devient une fête de la consommation, l’apothéose annuelle de la société de consommation, perdant ainsi toute signification. C’est sans doute vrai, mais je crois qu’il ne tient qu’à nous de lui donner un sens plus profond et de voir le beau côté des choses. Chaque année des millions d’enfants s’émerveillent, les cloches des églises résonnent et des actions de générosité sont réalisées un peu partout. 

Je pense aussi que plus nous écoutons nos envies, plus notre regard est attiré par le superficiel, plus on se regarde le nombril et moins on a l’occasion de prendre de la hauteur face aux événements. A trop faire les magasins pour trouver les mets les plus savoureux, à trop lire les magazines pour être à la dernière page des décorations d’intérieur, à trop parler quantité/qualité des boissons que l’on absorbe, l’esprit est entièrement accaparé par les besoins du corps et se ferme à toute autre considération moins égoïste et matérielle.
 
Peut-être faut-il rapprocher cela d’une autre observation que j’ai faite l’été dernier : il semblerait que nos fonctions vitales prennent une place de plus en plus grande dans nos vies! Prenez les piétons. Ils ne peuvent plus faire 100 mètres dans la rue sans avoir une bouteille à la main, sans boire de petites gorgées toutes les 5 minutes. Certains se sentent obligés de répondre aux petites faims en mangeant des sucreries toutes les demi-heures comme s’ils avaient un vrai risque de manquer ou de tomber d’inanition. Prenez les feuilletons à la télévision ou les shows des humoristes, ils sont tous obnubilés par le sexe. On a l’impression que la vie des héros est menée par leur sexe. Ce ne sont plus des histoires de cœur qui sont filmées ou racontées mais des affaires de sexe. Sans parler des magazines « people » qui font un tabac avec les ébats amoureux des vedettes et avec des conseils pour bien séduire, pour plus attirer l’attention, pour mieux manger, pour maigrir, se relaxer, se muscler, bronzer, bref pour nager en plein bonheur grâce à un corps satisfait.
 
Je ne crois pas que l’homme ait subi une mutation telle qu’il aurait physiquement besoin de plus et plus fréquemment de boire, manger ou copuler. Ça se saurait ! C’est dans la tête que ça se passe ! Nous avons suivi une évolution individualiste forte qui nous incite à beaucoup nous occuper de nous-mêmes. Je pense aussi que le marketing nous pousse dans cette voie ; il répond à nos besoins autant qu’il guide nos envies. La satisfaction du corps entraînerait-elle le bonheur ? Ou bien, le futur est-il noir à ce point que nous nous faisons des petits plaisirs chaque fois que cela est possible comme si nous vivions notre dernier jour ? Ou bien, cette consommation vient-elle nous aider à combler un vide existentiel ? Ou encore, ne sachant pas avec qui partager dans ce monde hostile, préférons-nous consommer seuls de manière hédoniste ? Ou enfin, la consommation est-elle une marque de reconnaissance, une manière d’exister au milieu de la foule et surtout un moyen de ne pas se faire remarquer comme celui qui ne pourrait pas assouvir ses désirs ?  
Par B. Dufay
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Dimanche 13 janvier 2008 7 13 01 2008 17:49

conclusion deuxième partie

L'individualisme est moins l'expression d'un égoïsme qu'une recherche d'individualié et un besoin de reconnaissance.

1. Recherche d'individualité
L'individualiste aujourd'hui veut savoir qui il est et d'où il vient; il veut sentir qu'il vit pleinement en individu libre. C’est une évolution de l’homme vivant dans les sociétés modernes. Dès que les traditions, la famille, la religion déterminent moins fortement l'individu, dès qu'il vit en milieu urbain, standardisé, industrialisé, alors son individualité lui pose problème. Les réponses ne tombent plus du ciel et il réagit au "système"; il ne veut pas se laisser transformer en pion sans âme. 

2. Recherche d'identité
La question de l'individualité croise celle de l'identité. Lorsque les distances se raccourcissent, lorsque les migrations s'accentuent et le virtuel envahit nos vies, on ne sait plus très bien où l'on habite et la question identitaire devient criante. Il faut savoir qui l'on est et d'où l'on vient pour se connaître soi-même et avoir une vraie place dans la société. Celui qui ne sait pas qui il est, qui ne se fait pas entendre, qui ne revendique pas des droits, passe pour un faible qui se fait rouler. Il devient un sous citoyen.

3. Besoin de reconnaissance
Le besoin de reconnaissance découle de la recherche d'identité tant il est difficile de se sentir individu singulier dans la société moderne. Ce besoin est aussi exacerbé par des comportements d'humiliation et de mépris qui se sont généralisés avec la baisse de la politesse, les brassages de population et les difficultés à vivre: on ne peut plus gagner sans triomphalisme; on n'accepte plus l'autorité sans discuter; on pense avoir tous les mêmes droits mais on oublie bien souvent les devoirs.
 
4. Cette évolution inéluctable des sociétés modernes vers l'individualisme - recherche d'individualité - provient en partie de facteurs démographiques contre lesquels on ne peut pas lutter. Je ne voudrais pas laisser croire que l’individualisme débridé est une tendance souhaitable et que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes individualistes. D’abord, il y a les excès que nous avons soulignés et que la stimulation de l’écoute et de la création est en mesure de corriger. Ensuite, il y a actuellement dans l’air deux mauvaises interprétations de l’individualisme auxquelles il faut tordre le cou au plus vite. La première concerne les enfants que l’on considère comme des individus autonomes ; ce n’est pas le cas. Ils sont des enfants, donc des individus en devenir. Ils revendiquent leur autonomie de plus en plus jeune, mais cela n’est pas une raison pour la leur donner dès qu’ils en font la demande. Un enfant doit être éduqué et instruit. Il a besoin d’être guidé, de ressentir une autorité qui lui fixe des étapes, des limites, des objectifs. L’enfant ne peut pas être laissé libre du moment, de la méthode et du contenu de ses apprentissages. Il ne peut pas non plus être laissé libre de choisir ses comportements de vie en famille ou en collectivité. Il a besoin de se structurer selon les cadres de son environnement, il a besoin d’en connaître suffisamment pour devenir un adulte libre et créatif. Cette liberté donnée trop tôt pendant l’enfance est une erreur grave qui se retourne contre l’individu et qui va à l’encontre du développement de l’individualiste, libre et heureux. 
 
La deuxième interprétation erronée à combattre concerne l’individu adulte et procède de la même logique : pour ressentir son individualité, il est tenté de rechercher une indépendance. C’est la confusion habituelle entre indépendance et autonomie qui fait penser que l’on peut se développer seul selon son bon vouloir, faisant table rase des héritages et balayant les contraintes issues de la société dans laquelle nous vivons. L’individu qui veut à tout prix se construire sa propre identité s’enferme dans ses problèmes personnels et entre dans une rivalité systématique avec les autres. Il espère une liberté totale et tombe en fait dans une sorte de narcissisme mêlé d’intolérance. En tentant de s’émanciper à l’extrême et de s’extraire des structures existantes, il devient opposant systématique, il se marginalise, et n’accepte plus les apports externes.
Par dufay - Publié dans : bdufay
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Samedi 5 janvier 2008 6 05 01 2008 20:17

 

Chers visiteurs de ce blog,

Je vous souhaite une excellente année 2008. Qu'elle vous apporte bonheur et épanouissement chaque jour de l'année. Toujours plus de création et une meilleure écoute ne peuvent pas non plus être mauvais à souhaiter.

Pour ma part j'espère que mon livre PERSO, LIBRE et HEUREUX sortira en librairie.

Suite à l'envoi de sa présentation à quelques éditeurs, l'un d'eux m'a demandé le manuscrit : il est parti par la poste il y a deux jours. J'attends encore le retour des autres que j'avais contactés avant Noël. Il faut savoir être patient. Rien ne presse, mais j'aime bien qu'on me réponde, même pour me dire non.

Pour votre information:

ce blog est constituié de 47 articles

12 commentaires ont été postés

en moyenne il compte 155 visiteurs par mois

et 325 pages sont lues par mois

 

Je regrette qu'il y aie si peu de commentaires et de ne pas savoir donner une forme graphique plus agréable à lire à mes articles.

Par B. Dufay - Publié dans : bdufay
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Dimanche 30 décembre 2007 7 30 12 2007 18:11

conclusion - première partie

L'individualisme fait partie de notre vie.

 

1. dès l'enfance:

L’enfant est désormais élevé par des individualistes au sein de fratries moins nombreuses que par le passé. Chaque enfant a une valeur affective très forte auprès de ses parents. Il a été désiré ; il a été programmé et concentre dès sa naissance non seulement l’amour de ses parents, mais les multiples projets qu’ils font pour lui. L’enfant est un individu qui doit et veut prendre sa place. Il n’est plus le fils ou la fille de quelqu’un, encore moins l’élément d’une filiation. Il va rechercher son autonomie en se différenciant de ses parents et de ses frères et sœurs. Il souhaite profiter de ce qui lui est offert pour se réaliser personnellement selon ses propres aspirations sans trop se soucier des contraintes de la communauté. Malgré tout il veut rester en lien avec sa famille. Il lui donne une place dans sa vie, parmi d’autres choses, sans la privilégier et sans la sacrifier.

2. à l'adolescence:

L’individualiste adolescent est sensible et émotif; tourné vers l'extérieur, il est beaucoup plus influencé par ses amis et les médias que par sa famille. Les images et les malheurs du monde le touchent et le rendent hypersensible. Il donne l’impression d'avoir du recul et de savoir dialoguer car il est beau parleur, blagueur et il sait très bien déstabiliser son interlocuteur. Mais en fait, il ne sait guère se contrôler et prendre de la distance. Il ne sait guère dialoguer: il cherche à dire « je » pour affirmer son identité et tester la solidité des positions des adultes, mais il n’a pas plus d’idées que ces prédécesseurs du 20ème siècle. Il en a même plutôt moins car ses convictions sont plus molles. Il relativise beaucoup plus, sauf bien-sûr ses propres envies et souffrances ! Il fait plus confiance aux témoignages entendus à la télévision, à des émotions subjectives, venues de lui ou de son groupe d’amis, qu’à une analyse rationnelle ou à une opinion argumentée.

3. à l'école:

Les anciens pensent souvent que les jeunes cherchent à se libérer de quelque chose, comme eux-mêmes l’ont fait en mai 1968. En fait les jeunes ne sont pas dans cette dynamique d’émancipation. Ils s’intéressent beaucoup au présent, très peu au passé et modérément au futur. Les philosophies épicuriennes et relativistes ont pris le dessus. Les éducateurs doivent montrer l'intérêt immédiat d'un enseignement, pour capter l'attention, aiguiser la curiosité: ensuite tout devient possible. A certains moments, ils doivent être des animateurs aidant à construire, à d’autres des confidents prêtant une oreille compatissante, ou encore des philosophes capables de raisonner et argumenter, des négociateurs, j’en passe et des plus durs. Et bien sûr, ils doivent vivre les valeurs dont ils parlent : L'authenticité, la concordance entre paroles et comportements sont regardées à la loupe par les jeunes; elles deviennent les élément clé de la confiance.

3. en couple:

Dans le monde individualiste, les couples inaugurent de nouvelles manières de vivre. Chacun cherche son épanouissement personnel. Chacun souhaite garder quelques activités ou amis bien à lui, tant pis si cela ne plait pas à l'autre. Certains couples vivent même séparément: on s'aime, mais chacun chez soi! On est très éxigent pour que cet amour intense dure le plus longtemps possible. S'il faiblit pourquoi continuer? Vivre en couple par intérêt, par simple tendresse est peu envisageable. Il faut partager un amour fort, des idées, des projets importants, sinon ce n'est pas la peine!

4. en entreprise:

Le travailleur individualiste cherche à profiter du système « entreprise ». Pour faire avancer sa carrière, pour en faire le moins possible, pour ne pas prendre de risque ou de responsabilité, pour gagner sa vie et pas plus, il fait passer son intérêt personnel avant celui de l’entreprise qui l’emploie. Le collaborateur individualiste discute les décisions de sa direction ; il veut comprendre et supporte de moins en moins bien les ordres. Il veut donner son avis. L’accès à l’information et l’évolution de ses connaissances économiques et de gestion lui laissent penser que ses idées ne sont pas plus mauvaises que celles des patrons. Il réclame de participer à toutes les décisions, les plus stratégiques comme les plus opérationnelles, car il sait bien que toutes peuvent perturber sa situation. Il est méfiant vis-à-vis de sa direction capable de tout. Résultat: il a tendance à s’engager plus mollement. Les jeunes collaborateurs sont prêts à s’impliquer à fond dans un projet bien défini, pour une durée donnée, sous certaines conditions. Ils n’adhèrent plus les yeux fermés aux projets d’entreprise, jugés hypocrites. Ni l’appât du gain ni les injonctions de la direction ne suffisent à obtenir leur investissement personnel total.

5. en tant que consommateur:

L'individualiste n'aime pas choisir, il veut le beurre et l'argent du beurre, et tout de suite. Il ne veut pas se singulariser comme celui qui est incapable d'acheter tel produit, il veut être à la mode, dans le coup, immédiatement. Mais les sollicitations commerciales et les tentations sont toujours plus grandes, il voudrait consommer toujours plus. Malheureusement son pouvoir d'achat ne suit pas l'augmentation de ses envies. Il comprend mal pourquoi tel nouvel objet lui serait inaccessible alors que d'autres peuvent l'acheter. D'où une frustration croissante, pénible à supporter tout au long de la vie, qui s'exprime par des relations agressives avec les autres, avec son conjoint, avec soi-même, parfois à l'origine de comportements déviants ou délinquants.

6. vis-à-vis de la religion:

L'individualistes souhaite faire son marché et prendre dans chaque religion ou philosophie ce qui l'arrange. Certains penseurs voient dans ce comportement et dans l'évolution individualiste la fin des religions; ils sont en majorité plutôt satisfaits de constater que l'homme se libère d'un carcan de plus. Je pense que l'individu prend souvent de la distance avec les contraintes rituelles, et qu'il personnalise sa relation avec sa religion, mais rien n'indique que sa foi est moins sincère qu'hier et on peut même penser qu'elle est de meilleure "qualité" que celle d'hier.

La religion chrétienne est considérée comme étant à l'origine de l'évolution individualiste. En effet elle est la première dans l'histoire de l'humanité à avoir donné à chaque personne une valeur unique, une dignité sans égale, car chacune est créature de Dieu et a la possibilité d'être sauvée individuellement. L'erreur possible aujourd'hui serait de croire que l'individualiste peut mener sa vie de chrétien tout seul. La foi chrétienne est personnelle, mais le salut est impossible à celui qui ne s'aide pas des autres. La croyance n'est pas une fuite dans un monde imaginaire, elle implique un engagement dans la vie de la société.  

7. en société:

La beauté s'exprimait jusqu'à présent par l'exhibition d'une élégante tenue, de vêtements couteux, dont la qualité et l'esthétique rejaillissaient sur la personne qui les portait. Aujourd'hui il faut d'abord montrer sa confiance en soi. Il faut montrer que l'on sait ce que l'on veut, qui l'on est et que l'on est un individu singulier. On aime chez l'autre une personnalité intéressante plus que sa beauté. Les accessoires ne sont plus utilisés pour mettre en valeur mais pour montrer une individualité, censée prouver que l'on est bien dans sa peau.  

Par dufay - Publié dans : bdufay
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Lundi 17 décembre 2007 1 17 12 2007 19:36

Retour du premier éditeur

 

Vous vous souvenez que j'avais envoyé la présentation de PERSO, LIBRE, et HEUREUX, le livre dont vous suivez la gestation sur ce blog, à un seul éditeur pour tester mon papier de présentation. J'ai été reçu par lui et lui ai envoyé mon manuscrit.

J'ai eu la réponse aujourd'hui: il n'est pas intéressé; trop de projets dans les six mois qui viennent et une ligne éditoriale dans laquelle mon livre n'entre pas très bien. Donc c'est "non" pour le semestre qui vient.

Sans plus attendre je pars à la recherche d'autres éditeurs. Dans les jours qui viennent je vais envoyer le document de présentation à trois autres éditeurs et nous verrons bien le résultat.

Je procède étape par étape, chaque envoi à un petit nombre d'éditeurs afin de ne pas griller mes cartouches trop vite.

à bientôt pour la suite du feuilleton,

si un lecteur a des relations qui peuvent m'aider, il est le bienvenu !  

Par dufay - Publié dans : bdufay
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Dimanche 9 décembre 2007 7 09 12 2007 15:32

poursuivons et terminons notre sixième livre

son sujet est la vie bonne

Nous sommes condamnés au mouvement perpétuel entre les quatre niveaux identitaire, relationnel, cognitif et spirituel, sans faire l’impasse sur aucun d’eux, sans jamais faire du sur-place et sans pratiquer le doute et le relativisme. 
 
Pour ceux qui se demandaient où je voulais en venir, j'espère les éclairer maintenant. La phrase ci-dessus synthètise tous les articles qui précèdent. Un peu déçus? Ce n'est pas une découverte renversante? Lisez plutôt ce qui suit, car je crois que cette phrase peut aider à vivre:
 
1. identifier ces quatre niveaux pour mieux les comprendre et les distinguer
identitaire: c'est le niveau que l'individualiste affectionne le plus: il cherche des réponses à la question "qui suis-je?", il est en recherche d'identité et d'individualité;
relationnel: l'individualiste aime également beaucoup vivre dans le relationnel; il est en connection réelle ou virtuelle avec beaucoup d'autres, avec la société de consommation, les modes, les distractions, le zapping; ce niveau est le parfait refuge à la vie dure.
cognitif: ce niveau n'est accepté que lors des études que chacun fait en son jeune âge; ensuite la culture, les connaissances sont remplaçées par de l'information plus ou moins pré-mâchée. On le néglige au profit d'occupations professionnelles ou ludiques, souvent étroites;
spirituel: ce dernier niveau paraît abstrait sans utilité; il peut prend des formes diverses et variées, comme l'adhésion à une religion, l'affinité pour une philosophie, en passant par des formes de méditations ou une recherche d'appartenance à l'humanité.
 
2. se convaincre que chacun d'eux nous constitue et est nécessaire à notre épanouissement. Dès que l'un manque un déséquilibre se crée qui se manifestera un jour ou l'autre par une souffrance.

3. se mettre en mouvement de l'un à l'autre à son rythme, dans l'ordre que l'on veut, en empruntant les chemins qui nous conviennent le mieux, en utilisant les deux véhicules à notre diposition, l'écoute et la création, pour faire ces passages.
 
4. surtout ne pas faire du sur-place:
le sur-place identitaire, c'est à dire tourner en rond en soi-même, conduit au narcissisme, à une susceptibilité excessive et d'incessantes rivalités avec les autres.
le sur-place relationnel, c'est à dire le papillonage excessif, conduit à la superficialité et à mener une vie vide. Un jour les regrets apparaissent, ou l'ennui et la lassitude à vivre dans un cercle refermé sur lui-même.
le sur-place cognitif consiste à apprendre pour apprendre, à essayer toute sa vie d'accumuler une science dans le seul but d'en savoir toujours plus. La connaissance qui devient religion conduit à l'isolement et à l'orgueil.
le sur-place sprituel fait croire qu'il est possible de s'extraire de la vraie vie pour se consacrer à l'absolu: cela empêche de découvrir le monde et les autres. Cela mène à l'impasse car personne ne réussit tout seul dans cette voie.
 
5. sortir du doute et du relativisme:
en considérant que tout est égal à tout et réciproquement, les déviances ne sont plus déviantes, mais tolérées comme des façons personnelles de voir les choses. La morale est mise aux oubliettes, plus aucune valeur n'a de valeur. En l'absence de repère, on tue le développement, on ne peut plus croire au progrès.
à douter de tout on ne croît plus à rien : ni en l'homme, ni en Dieu. Tous les raisonnements sont tordus dans une forme d'esprit qui fait perdre le nord et et qui questionne tout dans le seul but de ne jamais s'engager. Plus rien ne vaut la peine d'être tenté; rien ne mérite l'effort dans la durée puisque la connaissance n'est plus possible.
 
J'ai une certitude, celle que les chemins du bonheur
et ceux du Beau, du Bon et du Bien sont les mêmes.
Pour le reste, je me contente d'avoir des convictions incertaines, car sans convictions, on n'a pas le temps de donner sens à sa vie, mais avec seulement des convictions certaines, on devient fou ou tyran!
Par dufay - Publié dans : bdufay
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