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Dimanche 11 novembre 2007

poursuivons notre sixième livre

son sujet est la vie bonne

Je suis sûr que beaucoup d’entre vous me trouvent un peu théorique et se disent : Que se passe-t-il si je suis le seul individu à faire une telle évolution ? Que se passe-t-il pour moi si je suis le seul individualiste à me débarrasser de mes excès ? Si les connaisseurs me tournent le dos, si personne ne parvient à m’expliquer la complexité du monde, si je me sens exclus des débats, si je n’ai personne à écouter et pour m’écouter, si personne ne s’intéresse à mes créations, si les autres m’agressent, refusent le dialogue, tout l’édifice s’écroule et me voila de retour dans ma bulle individualiste avec tous mes excès.

 
Dans « Apprendre à expliquer. L’art de vulgariser », j’ai donné plusieurs manières, d’un côté de convaincre les connaisseurs de partager plus volontiers leurs connaissances, et de l’autre d’inciter les ignorants à chercher à comprendre. Plus haut, nous avons évoqué quelques moyens de motiver les individualistes à écouter, dialoguer et créer.
 
Il nous reste donc à aborder la question du mouvement collectif, c’est-à-dire de la transformation de la société tout entière et non pas d’un de ses éléments isolés. Pour cela, je dois repartir de quelques découvertes sociologiques. La société n’est pas une sorte d’entité abstraite qui se situerait au dessus de nos têtes, elle est la réunion de nous tous. Le conflit collectif/individuel est en train de se résoudre: les propriétés de la société sont à la fois conditions et résultats des activités des individus qui la compose.
 
Il faut donc que chacun d’entre nous ose se mettre en mouvement sans attendre que son voisin fasse le premier pas. Il faut arrêter d'avoir peur et d'imaginer que nous sommes seuls à bouger. Il faut arrêter de baisser les bras et de voir la société comme un monstre inhumain.
 
Il faut donc aussi y croire ! Il faut décider que nous pouvons améliorer notre bien-être aujourd’hui et pour le reste de notre vie. Il faut penser que ce mouvement sera imité par d’autres très nombreux qui ont la même envie de vivre libres et heureux. Il faut croire, pour toutes les générations qui arrivent, que le bonheur est contagieux et que les progrès sont lents mais bien réels.

 

 

 

 

 

Par dufay - Publié dans : bdufay
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Samedi 27 octobre 2007

Recherche d'un éditeur

 

Comme je vous le disais dans mon message de début septembre, mon éditeur, Eyrolles pour ne pas le nommer, me laisse tomber. Nous avions pourtant fait ensemble du bon travail pour sortir mes deux précédents livres. Alors je repars à la recherche d'un éditeur et j'espère sortir PERSO, LIBRE et HEUREUX en 2008. La route est encore longue.

Il est préférable d'envoyer aux éditeurs un document présentant un livre plutôt qu'un manuscrit complet: ils n'ont pas assez de temps pour lire tout ce qu'ils reçoivent et si l'écriture n'est pas terminée, ils peuvent influer sur son déroulement pour faire entrer le livre proposé dans une de leurs collections. 

J'ai donc écrit quelques pages que je vous propose de découvrir ci-dessous. Dites-moi ce que vous en pensez ! Toutes les remarques sont intéressantes. Et on ne sait jamais, peut-être qu'un visiteur de ce blog est un éditeur ou a des relations dans ce milieu et qu'il pourra m'aider. MERCI.

 

1 - Le livre (190 pages environ, 385 048 caractères, 63 288 mots)
 
 PERSO, LIBRE ET HEUREUX
 
Stimuler l’écoute et la création pour mieux vivre ensemble
 
Ce titre fait allusion au livre de Christophe André, « Imparfaits, libres et heureux », paru chez Odile Jacob en 2006 et qui a connu un certain succès.
 
2 - le thème
 
Nous sommes tous individualistes, plus ou moins et chacun à notre manière. Ce livre essaie de clarifier cette notion d’individualisme qui est extrêmement présente dans les débats mais qui reste floue et souvent confondue avec l’égoïsme.
Il aide le lecteur à comprendre quel individualiste il est, puis il lui pose les questions qui viennent immédiatement à l’esprit: l’individualisme est-il un défaut ? Est-il la cause de notre difficulté à vivre ensemble ? Nous condamne-t-il à un avenir noir ? Toujours plus perso, toujours plus libre et de plus en plus malheureux ?
Au lieu de s’arrêter aux lamentations, ou d’aller dans des détails sociologiques qui n’intéressent que les spécialistes, la suite du livre propose des remèdes aux excès de l’individualisme. Oui, il est possible d’être perso, libre et heureux ! Encore faut-il se tourner vers deux activités qui transforment l’individualiste : l’écoute et la création. L’une et l’autre se font la courte échelle pour l’aider à se connaître lui-même, à répondre à ses questions identitaires, à améliorer son estime de soi, à obtenir de la reconnaissance sociale, et à mieux vivre avec les autres.
 
3 – A qui s’adresse le livre ?
 
Ce livre est grand public, il s’adresse à toutes les personnes qui s’intéressent aux questions de société et/ou qui éprouvent des difficultés à vivre en bonnes relations avec les autres et en harmonie avec elles-mêmes. Il rend compte des études et découvertes récentes de la sociologie dans un style facile à lire. Il propose des questionnaires permettant au lecteur de se tester. Il est agrémenté d’anecdotes vécues par deux personnages fictifs qui mettent en scène les questions abordées par les chapitres théoriques.
 
4 – Le plan du livre
 
Il est composé de trois parties.
Une première partie appelée « Perso, libre, mais fragile » qui décrit l’individualiste d’aujourd’hui à travers 6 facettes (perso, libre, sensible, extro-déterminé, participatif et multi-facettes). Chacune d’elles a ses excès, et ce sont ces excès qui fragilisent l’individu plutôt que sa nature individualiste.
La deuxième partie « Stimuler l’écoute et la création » montre la réalité de ces deux activités : l’une est pratiquée par tous, mais rarement avec qualité ; l’autre est considérée comme réservée à une élite, alors que tout le monde a des capacités à découvrir. Ces activités sont décrites sous un angle pratique, incitant l’individualiste à s’y adonner à son rythme.
Enfin la troisième partie « Perso, libre et heureux » propose un cheminement. Cette dernière partie débute par la question des recherches d’identité. Certes, il est important de répondre à ses questions identitaires, mais il faut apprendre aussi à s’oublier pour se tourner vers les autres et vers le monde en général, pour s’enrichir de nouvelles rencontres, pour se développer et pour se mettre sur la route d’un bonheur durable.
En conclusion, un élargissement est proposé qui prolonge le cheminement de la troisième partie. Et si l’écoute et la création conduisaient à une certaine forme de transcendance ? Le beau, le bon et le bien sont peut être au bout du chemin. 

 

Par dufay - Publié dans : bdufay
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Samedi 20 octobre 2007

poursuivons notre sixième livre

son sujet est la vie bonne

Je me demande si cette démarche que nous avons découverte dans les trois derniers articles, ne peut pas aller plus loin encore, vers le développement d'une forme de sagesse individuelle.
 
Les deux moyens que j'ai prônés, l'écoute et la création, se combinent pour tirer l'individualiste vers le haut. Pas seulement vers plus de liberté et plus de bonheur pour lui-même, mais vers un niveau transcendant les contingences pour devenir un individualiste qui a conscience du monde et de son humanité, pour être un individualiste qui se remplit de bienveillance et d'empathie, pour tendre vers le beau, la finesse, l'élégance. La création et l'écoute permettent d'utiliser cette liberté récemment acquise pour aspirer simultanément à la grandeur de l'âme et des oeuvres accomplies. Elles sont les noeuds de la corde de la vie: il est très difficile de monter à une corde lisse, mais avec quelques noeuds et un peu d'entraînement, on peut atteindre des sommets. Voilà pourquoi j'ajoute à mon schéma un quatrième étage :

Ce quatrième étage de la fusée nous amène aux trois éléments clés: le beau, le bon, le bien. ils sont reliés les uns aux autres, ils se renforcent les uns les autres. Le beau est l'objectif du créateur, le bon s'impose à ceux qui savent s'écouter et le bien résulte du développement des connaissances de chaque individu. Ces trois éléments apporte une sagesse qui facilite l'entente entre les individus et améliore le vivre ensemble.
 
Si ces trois éléments nourrissent les idéaux des hommes, c'est qu'ils répondent aux besoins de sens qu'ils éprouvent depuis toujours. Pour les individualistes plus que jamais en quête d'identité et en manque de repères, ces trois éléments sont à redécouvrir car ils donnent sens aussi bien aux actes de tous les jours, aux créations, aux relations interpersonnelles qu'à la vie sur terre en général.

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Par dufay - Publié dans : bdufay
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Samedi 13 octobre 2007

poursuivons notre sixième livre

son sujet est la vie bonne

Nous sommes passés de nos questions identitaires à celle de nos comportements avec les autres, puis en utilisant la création comme cheville ouvrière du processus, nous sommes passés de nos compétences émotionnelle, relationnelle, sociale à notre intelligence, à notre culture et à la circulation des connaissances au sein de la société. Nous voila revenus à aborder les questions de développement du sens critique ("Ne vous laissez plus influencer!") de transmission des connaissance ("Apprendre à expliquer").

La boucle est bouclé !

 

Le parcours que je viens de décrire qui part de l’individu et de sa recherche d’identité pour aller vers la connaissance et la critique, n’est pas l'unique chemin possible. Mon "trajet" personnel a été exactement inverse. J’ai eu une formation scientifique qui m’a fait mettre entre parenthèses mes compétences  relationnelles et une bonne part de ma sensibilité pendant une dizaine d’année. J’ai appris de multiples choses, en particulier la démarche scientifique qui a fait et qui continue à faire mon admiration. Je ne regrette rien de cette période de ma vie. Puis, doucement, sans bien m’en rendre compte, sans raison bien identifiée, j’ai commencé à me tourner vers la philosophie et la psychologie et un peu plus tard vers la sociologie. Ces disciplines m’ont ouvert des horizons nouveaux. J’ai progressivement compris le sens des mots émotion, sensation, relation, art, identité… et j’ai compris que la connaissance scientifique ne suffit pas. Un peu plus tard, j’ai pensé que même en faisant la synthèse de toutes les connaissances de toutes les catégories possibles, on ne parvient pas à saisir la richesse de la nature humaine. Alors que j’avançais dans cette démarche, j’ai ressenti une transformation en moi-même ; j’ai compris un peu mieux qui j’étais, ce que je faisais et ce à quoi j’aspirais. Les lignes que vous lisez en ce moment sont un témoignage de cette évolution. Elles ont éclairé une partie de ma vie qui restait dans l’ombre. Et aujourd’hui encore, elles m’aident à faire l’unité en moi et à développer ma spiritualité.
 
Je ne dis pas cela pour vous convaincre que le parcours de l’extérieur vers l’intérieur est préférable à celui qui part de l’intérieur. Je pense même que la deuxième démarche correspond mieux aux individualises de ce début de siècle. Ils ont certainement un grand besoin de se plonger en eux-mêmes avant de se mettre en mouvement. Ce qui compte, c’est de ne pas rester en soi à tourner en rond. Se mettre en mouvement pour aller vers l’extérieur, puis revenir à l’intérieur, et ainsi, autant de fois que nous en avons envie/besoin. Chercher, agir, expérimenter, créer et progresser nous-mêmes, avec le petit mais réel espoir de faire progresser aussi la société dans laquelle nous vivons.

 

 

 

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Dimanche 30 septembre 2007

poursuivons notre sixième livre

son sujet est la vie bonne

Ce moteur qui peut se mettre à tourner entre les trois éléments « écouter », « créer » et « vivre ensemble », constitue une spirale vertueuse qui aide à sortir de soi-même. Mais cette spirale peut devenir cercle et risque aussi de faire du sur-place. Les relations avec les autres, les activités de création et les recherches identitaires finissent par se stériliser, par ennuyer et tourner en rond,  à l’intérieur d’une communauté étroite, si elles ne sont pas renouvelées. Il faut donc se développer, apprendre toujours plus pour éviter de tomber dans ce deuxième piège, celui du cercle vicieux, presqu’aussi effrayant que le trou noir du centre de notre triangle ("qui suis-je"). Ce cercle vicieux donne l'impression de remplir la vie avec des échanges nombreux, avec un papillonnage qui occupe tous les instants, avec des réponses superficielles, et puis un jour, on tombe de très haut en s'apercevant qu'en fait les relations commencent à lasser, la répétition s'installe, les recherches n'ont pas abouti et la vie sonne creux.

La création qui nous a aidés à sortir de nous-mêmes, devrait aussi nous aider à sortir de ce cercle. Elle réclame constamment de nouvelles ressources, des informations à exploiter, des idées à contredire, des connaissances nouvelles, des rencontres imprévisibles pour nourrir l’œuvre et pour faire preuve d’originalité. Cela pousse l’individu à se secouer, à se développer sans entrer dans la routine intellectuelle ou relationnelle. Cela l’incite à comprendre le monde, à reprendre la maîtrise de son environnement sans laisser son individualité être broyée par le « système ».

Plus de connaissances apporte une ouverture de l’esprit et un meilleur discernement pour rester soi-même, individu singulier et capable d’une vraie liberté au sein la société de l’information et de la communication.

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Dimanche 23 septembre 2007

poursuivons notre sixième livre

son sujet est la vie bonne

 

S'oublier est une condition à la vie bonne, car nous avons besoin des autres pour être heureux!
S'oublier pour les individualistes que nous sommes!
un challenge ? une utopie? une impasse?
 
Ce n'est pas une impasse. Ce sont les égoïstes et les narcissiques qui sont dans l'impasse en restant au fond de leur trou.
Ce n'est pas une utopie, car bien des gens y sont parvenus. Les écrivains démarrent souvent leur oeuvre pour eux seuls, leur plaisir ou leur recherche personnelle; puis ils se prennent à s'intéresser à la nature humaine et écrivent pour les autres et leur bonheur.
 
J'ai confiance dans la vertu de la création. Elle peut nous aider à sortir de notre trou. Contrairement à l'idée reçue, elle n'est pas "enfermante", elle déclenche le besoin d'écoute du monde et des autres, puis elle améliore les relations entre les individus. 
 
La création a toujours comme cause et comme conséquence de réduire des écarts, d'abord entre ce que le créateur fait à un moment donné et un idéal confus qu'il s'est fixé pour plus tard, ensuite entre symbolique et réel, mais aussi entre divin et humain, entre matériel et spirituel et entre les hommes eux-mêmes. La création et l'écoute créent du lien social. Voila pourquoi j'ai relié « écouter » et « créer » à « vivre ensemble » dans le triangle de l'article premier du sixième livre.
 
Que ceux qui pensent que je me répète, se rassurent. Je n'ai pas perdu le fil. Nous avons jusque là déroulé une pelotte sens critique -> transmission -> écoute -> création -> vivre ensemble -> bonheur et identité -> s'oublier  ; nous allons rembonbiner le fil et boucler la boucle dans les deux prochains articles.
 
 

 

Par dufay - Publié dans : bdufay
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Jeudi 6 septembre 2007

Chers visiteurs occasionnels ou réguliers,

De retour de vacances, j'ai regardé l'évolution de la fréquentation de mon blog; elle progresse. C'est encourageant. Merci à tous. Mon projet était un peu utopique : écrire la suite d'un livre avec les internautes. On ne peut pas dire que cela marche vraiment, car le nombre de commentaires à ce que je publie est très faible, mais si vous continuez à visiter ce blog, c'est un signe que je considère comme positif.

Mes vacances se sont bien passées ; j'espère qu'il en est de même pour vous en dépit d'une météo un peu maussade. J'ai mis à profit mon temps libre pour avancer dans une deuxième version de PERSO, LIBRE et HEUREUX. J'ai eu aussi quelques rencontres cet été qui m'ont éclairées. Sans le dire, j'oriente parfois les discussions entre amis pour tester quelques idées ou plutôt des manières de les formuler. C'est très instructif. Tout ça pour dire que j'espère avoir fini cette deuxième version courant octobre.

Je publierai bientôt de nouveaux articles qui découlent de cette réécriture partielle. Soyez patients!

Je vais ensuite chercher un éditeur car Eyrolles me lâche. Je publierai les documents que j'enverrai aux éditeurs et les réponses que je recevrai; vous suivrez en temps quasi réel le parcours du combattant!

merci et à bientôt sur ce blog

BD

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Samedi 23 juin 2007

La première version du livre dont vous avez découvert des extraits sur ce blog.


PERSO, LIBRE et HEUREUX

a été relue par quelques bons amis aimables et compétents: bons pour qu'ils acceptent de me donner de leur temps, aimables pour qu'ils sachent trouver les mots non blessants pour faire leurs remarques, compétents pour que leurs retours soient instructifs et me permettent de progresser.

 

Leurs commentaires sont très intéressants. Je ne peux pas en faire la liste ici. Leur lecture et les conversations que j'ai eues avec ces amis me font penser que le titre exact devrait être :

PERSO, LIBRE mais HEUREUX ?

 

Nous sommes tous des individualistes, nous prenons bien soin de nous, nous nous faisons plaisir; nous sommes libres, nous sommes autonomes, nous avons le choix de nos activités, de nos relations et même de notre identité, MAIS sommes-nous HEUREUX ?

A trop nous regarder le nombril, nous ne pouvons pas nous oublier et être suffisamment tournés sur les autres (article sixième livre - deuxième partie) ; OR nous avons besoin de bonnes relations avec les autres pour trouver le bonheur (cinquième livre - deuxième partie). DONC : plus nous sommes perso et libres, moins nous avons de chances d'être heureux.

 

Mauvaise nouvelle, pas pour mon livre qui va s'éclaircir en posant cette problématique, mais pour nous tous !

Il est effrayant de réaliser que la démographie galopante sur la planête et les progrès accomplis apportent ensemble liberté, individualisme et malheur !

Merci à mes relecteurs (Bérengère, Marie-Alix, Christophe, Hubert, Guillaume et Yves) de m'avoir tant apporté.

 

Par dufay - Publié dans : bdufay
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Dimanche 3 juin 2007

poursuivons notre sixième livre

son sujet est la vie bonne

 

Le paradoxe avec les questions liées à notre identité, comme avec celles relatives au bonheur, est que pour y répondre il faut s’oublier. Il faut puiser à des sources externes autant qu’à l’intérieur de nous, mais certainement pas tourner en rond en nous-mêmes en nous regardant le nombril. Nous n’avons aucune chance de répondre à la question centrale de notre schéma « qui suis-je ? » (voir article sixième livre, première partie), de donner un sens à notre vie, à ce que nous faisons tous les jours, si nous restons enfermer dans notre recherche d’identité.
 
 
Le centre de ce schéma peut être comparé à un trou noir. Si nous nous laissons glisser en son sein, nous sommes attirés de plus en plus fortement jusqu’à perdre toute chance d’en sortir un jour. Si nous concentrons notre énergie à notre quête identitaire, si nous nous écoutons à l’excès, nous rétrécissons nos horizons. Nos petits malheurs relationnels, psychologiques ou physiques deviennent les choses les plus importantes au monde. Nous sommes maintenus au fond du trou par les forces égoïstes et égocentriques, agréables à ressentir dans un premier temps, détestables à moyen-long terme. Les activités de création et d’écoute nous aident à sortir de nous-mêmes autant qu’à nous découvrir. Soyons modestes et ambitieux à la fois, mais surtout ne mettons pas la barre trop haute !On risquerait de manquer la marche.L’écoute n’a pas besoin d’être du niveau de celle des professionnels de la psychothérapie pour être active et bienveillante. Elle doit seulement être dirigée vers les autres. La création intermédiaire se situe entre création éminente et création quotidienne. Elle ne conduit pas à la mégalomanie des génies et ne recherche pas les succès étincelants. Elle est privée et humble, elle n’est ni narcissique ni égoïste.
 
 

 

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Vendredi 11 mai 2007

la campagne est terminée: les intellos ont été absents


INTELLOS, LIBRES et MUETS

 

La campagne est terminée, bonne ou mauvaise ? Vous connaissez mon avis, mais une chose est certaine : les intellectuels se sont faits discrets !

Ils poursuivent leurs travaux entre spécialistes, mais ils sont de moins en moins présents dans les débats publics. On les sent en retrait, à part quelques personalités médiatiques comme Orsenna, Ferry, Onfray, Comte Sponville et ceux qui mènent une double vie d'intellos et de journalistes (Guillebaud, Bruckner, Kahn, Glucksman). Que leur arrive-t-il donc ?

 

  1. Je crois qu'ils n'ont plus grand chose à dire: leur inspiration est épuisée. Leur activité publique était de s'opposer aux institutions et à la droite, ils dénonçaient les manques de liberté de toutes sortes. Mais maintenant, il n'y a plus grand chose à gagner ou même à défendre !
  2. Leur travail de déconstruction est terminé et je pense qu'ils n'ont rien à proposer. Que mettre à la place des institutions, des valeurs et de Dieu qu'ils ont détruits ? Que faire de cette liberté acquise ? Que faire de cette espace disponible ? Ils ne savent pas !
  3. Je crois aussi qu'ils n'ont pas vu venir la demande des individus de comprendre et de participer. Ils sont déroutés par ces gens simples qui veulent donner leur avis. Ils ne savent pas ou ne veulent pas leur parler.
  4. Je les sens incapables de s'adresser à Monsieur Tout-le-Monde. Leur langage incompréhensible est devenu un rempart pour leur pouvoir, ils n'ont pas envie de le fissurer et ils ne savent pas vulgariser leur pensée !
  5. Ils en perdent leur crédibilité et leur aura. Ils sont suspects de conduire des recherches sans intérêt ou dangereuses. En même temps qu'ils détruisaient les autorités de toutes natures, ils ont détruit la leur !

J'appelle de mes voeux la naissance d'intellos constructeurs. Ils doivent, non seulement étudier et participer à la complexité, avec la liberté d'esprit et les moyens nécessaires, en somme faire leur boulot d'intellos, mais ils doivent aussi acquérir de la flexibilité, pour aller et venir d'une discipline à l'autre, pour passer de l'abstrait au concret, des propos savants aux vulgarisés. Cette agilité à acquérir permet de relier entre eux des éléments disparats et d'apporter des idées nouvelles aux questions de société. Ils pourront ainsi participer à nouveau à la vie des citoyens. Sans défendre une cause ou une autre, ils doivent rendre compte de la complexité et aider les individus qui le demandent à mieux comprendre le monde. Ils doivent éclaircir les débats de société, les élever, aider au raisonnement rigoureux, relever et dénoncer les dérives manipulatoires et les contre-vérités. Ils doivent devenir des constructeurs indirects; car ce n'est pas d'eux seuls que la reconstructrion viendra, mais d'un mouvement venant des individus qui fera émerger les projets et idéaux que nous attendons tous. Leur rôle est de susciter les initiatives en expliquant, de formuler ce qui se pense confusément, de devenir des facilitateurs de pensée individuelle, ce que Socrate nous a montré il y a plus de 2000 ans !

 

Le chemin sera long, mais je ne veux pas que R. Debray, parlant d'IF suite et fin, ait raison!  (IF = Intellectuels Français) En passant du "parler contre" au "parler pour", je suis ceratin que les intellectuels peuvent trouver une nouvelle place au milieu de leurs concitoyens et en même temps trouver une nouvelle motivation dans le développement de leurs travaux.

 

Par dufay - Publié dans : bdufay
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