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Samedi 24 septembre 2005

Passons à notre quatrième livre

son sujet est la création

L’action de créer peut prendre des formes très diverses.

  • Elle est une activité simple, lorsque nous décorons notre appartement avec goût, ou complexe, lorsque nous créons de la valeur pour un client dans le cadre d’une activité professionnelle.
  • Elle peut être immatérielle et mystérieuse lorsque nous créons autour de nous une atmosphère agréable, une ambiance accueillante, ou lorsque l’artiste saisit dans son œuvre des impressions qui communiquent des émotions.
  • La création est souvent censée être originale, elle doit apporter du nouveau pour surprendre et se démarquer du banal. Elle est plus ou moins innovante lorsque le chercheur définit un nouveau concept.
  • Elle est plus ou moins personnelle ou collective lorsque l’artiste se retire du monde pour trouver l’inspiration ou lorsque l’ingénieur travaille en équipe pour inventer un nouveau procédé.
  • N’oublions pas la création la plus naturelle de toutes : la pro-création ! Nous sommes tous l’œuvre de nos parents qui nous ont fait exister.

Nous pourrions certainement trouver encore bien des formes de création. Le trait d’union entre toutes ces formes est la production de quelque chose qui sort du banal : le créateur fait exister une chose nouvelle qu’il pourra contempler lui-même ou avec d’autres.

 

 

 

La création qui va nous intéresser ne recouvre complètement aucune de ces formes. Elle est une création que nous pouvons pratiquer tous mais qui nous extrait de notre quotidien. Pour rester accessible à tout le monde, elle ne propose pas de nous transformer en artistes, en penseurs ou en créateurs professionnels, mais, d’un autre côté, elle ne se réduit pas non plus à la production que nous avons l’habitude de faire au travail ou à la maison. Elle est donc située entre les deux extrêmes : la production simple et la création - invention complexe. Elle peut se nourrir d’activités de la première catégorie en reconnaissant la part d’originalité ou de beauté de certaines activités de notre vie de tous les jours :  la cuisinière peut préparer des plats qu’elle connaît bien en les présentant d’une manière artistique. L’artisan peut combiner des techniques qu’il maîtrise parfaitement pour obtenir un effet nouveau. Cette forme de création que je propose à chacun d’adopter est modeste, mais elle peut évoluer vers la deuxième catégorie, la création – invention complexe ; car il n’est pas interdit d’espérer progresser jusqu’à s’approcher de la création au sens le plus « élevé » du terme.

 

 

 

Ce qui me semble primordial est de réaliser que nous sommes tous à même de nous adonner à cette forme de création intermédiaire et qu’il est salutaire de le faire.

  • Commençons par nous convaincre que notre capacité personnelle à créer est en nous depuis notre naissance ; nous portons en nous cette capacité comme tous les hommes depuis la nuit des temps ; il ne tient qu’à nous de la laisser s’exprimer et de l’utiliser.
  • Il faut pour cela cesser de croire que nous en sommes incapables. Il faut s’interdire de penser que ces activités sont réservées à une élite ou qu’il faut disposer d’un don particulier pour les pratiquer.
  • Nous devons cesser d’écouter ceux qui dénigrent les amateurs en prétendant qu’ils sont incapables de s’exprimer artistiquement.
  • Nous devons fermer nos oreilles à ceux qui clament que la complexité est si importante que les non spécialistes n’ont aucune chance de comprendre le monde et a fortiori d’apporter quoique ce soit aux problèmes actuels. Les exemples de création qui sont le fait d’amateurs sont nombreux dans tous les domaines : peinture, sculpture, découverte astronomique, invention de procédés, publication de livres à succès, création d’entreprises, …
  • Nous devons arrêter d’écouter tous les vents contraires qui nous expliquent que notre seul but sur terre est de consommer passivement.

Autorisons-nous à rêver, à imaginer à produire du nouveau, du beau, quelque chose qui vient de nous, même si nous pouvons nous tromper, même si nous ne parviendrons qu’à un niveau modeste. Le pire est de nous résigner à garder en nous ce qui ne demande qu’à s’exprimer !

 

 

 

Cette activité de création intermédiaire est salutaire, car elle force l’individu à s’extérioriser, à produire une « chose », que nous appellerons œuvre, même si les puristes verront là un abus de langage. Lorsque cette œuvre existe, elle reflète une partie de l’âme du créateur. Nous pouvons la toucher, la juger, l’améliorer ou la détruire. A travers chacune de ces actions, nous apprenons à nous connaître.

 

Cette œuvre, aussi modeste soit-elle, a exigé de nous des efforts ; il a fallu acquérir de nouvelles connaissances pour la réaliser, il a fallu nous intéresser au monde et à tous ceux qui travaillent dans le même domaine. Elle nous force également à développer un sens critique aiguisé afin de juger ce que nous faisons nous-mêmes et ce que font les autres, afin de mettre de notre « moi » profond et de nos émotions plutôt que des stéréotypes et idées toutes faites qui nous viennent de notre entourage et des médias en particulier.

 

 

 

Le processus de création, le parcours que nous vivons entre la décision de démarrer une création et l’existence de l’œuvre, est tout aussi important que l’œuvre elle-même car il nous transforme en profondeur. Il nous oblige à nous tourner vers les autres pour trouver de nouvelles idées et des sources d’inspiration. Il développe ou renouvelle en nous la curiosité, l’envie de comprendre et l’ouverture d’esprit. Les discussions prennent un tour nouveau ; des débats s’imposent à nous tôt ou tard pour défendre notre point de vue, nos opinion que nous aurons affinées sur bien des sujets, et pourquoi pas, sur notre œuvre aussi. Car un jour ou l’autre, nous aurons envie d’exposer notre production aux regards des autres. Le pas est difficile à franchir tant nous avons peur du ridicule, mais savoir ce que pensent les autres est fort que tout. L’écoute s’installe en nous comme un besoin puis comme un comportement évident et naturel : celui qui nous était indifférent devient une personne qui s’émeut, qui pense, qui échange avec nous. Et finalement, notre regard sur nous-mêmes et sur les autres autant que nos comportements se modifient durablement dans un sens qui combine liberté, assurance et empathie.

Les liaisons entre créer - écouter et les autres thèmes abordés dans les articles précédents sont-ils assez évidents ? je publierai un schéma récapitulatif très bientôt.

Par dufay - Publié dans : bdufay
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Mercredi 24 août 2005

Poursuivons notre troisième livre

Son sujet est l'écoute.

Nous avons vu dans la première partie que l'écoute peut prendre des formes bien différentes. Ensuite nous avons vu ce que les spécialistes de l'écoute nous conseillent. Enfin nous avons évoqué les obstacles à l'écoute et j'ai demandé votre contribution sur les moteurs qui peuvent nous motiver à écouter ou à apprendre.

 

Au cours de ces réflexions, je crois avoir trouvé deux idées intéressantes que je vous soumets.

 

1. Ces formes que peut prendre l’écoute sont différentes, mais elles ont en commun un élément, c’est la nécessité de prêter attention. Sans attention, l’écoute ne fonctionne pas, ni en situation de relation à l’autre, ni en situation d’apprentissage. Simone Weil (philosophe 1909-1943) dans « L’attente de Dieu » explique :

« L’attention consiste à suspendre sa pensée, à la laisser disponible, vide et pénétrable à l’objet, à maintenir en soi-même à proximité de la pensée, mais à un niveau différent et sans contact avec elle, les diverses connaissances acquises qu’on est forcé d’utiliser. »

Pour prêter attention, il faut s’efforcer de dégager son esprit des contingences matérielles des activités utiles, si nombreuses à accaparer notre vie. Prêter attention revient à ouvrir son esprit pour un certain temps : un court instant pour acquérir une simple information, une vie complète pour percevoir le milieu divin, et quelque chose entre ces deux extrêmes, pour être en relation avec ceux qui nous entourent. Le temps nous manque de plus en plus alors nous nous contentons d’écouter pour trouver des solutions ; c’est la facette utilitariste de l’écoute qui est le plus d’actualité aujourd’hui. Ecouter pour comprendre et écouter pour aider son prochain sont des facettes beaucoup moins répandues. L’empathie est-elle une valeur en baisse ? Chacun se renferme-t-il sur lui-même ? Est-on devenu des avares incapables de partager ? Est-on incapable de faire un effort pour comprendre ?

 

2. Le marketing ne déclenchera pas l’envie d'écouter car il ne s’agit pas d’envies de premier niveau relatives aux plaisirs des sens, à la vie matérielle, à l’apparence, mais plutôt d’envies relatives à l’individu en ses profondeurs qui fonctionnent d’une toute autre manière. Le collectif non plus ne réussit pas à motiver à l’écoute. L’individualisme a fait du chemin et les grands projets d’entreprise ou de société ne motivent plus grand monde. L’individu se retrouve seul face à lui-même et face aux décisions qu’il doit prendre.

Je pense que le seul mouvement que l’on pourrait déclencher au coeur de chaque individu, pour développer son empathie et l'ouvrir à l'apprentissage, est celui de la création. Elle part de l’intelligence, des sentiments ou pulsions de la personne pour aller vers les autres, et en même temps, elle apporte un bien être, une satisfaction individuelle quasi immédiate. Elle donne un sens à l’écoute. Elle oblige à écouter le monde pour parvenir à l’originalité et ne pas reproduire bêtement. Elle conduit à l’écoute des autres, qu’ils s’intéressent ou pas à l’œuvre créée, qu’ils aient un avis positif ou négatif, ils deviennent le pourquoi de l’œuvre en qui le créateur met toute son énergie et une partie de son être.

 

Ecouter prend une utilité et un sens nouveau si l’on cherche à créer et créer ne peut exister sans écoute de soi et des autres. 

 

 

 
Par dufay - Publié dans : bdufay
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Dimanche 3 juillet 2005

Poursuivons notre troisième livre

Son sujet est l'écoute

 

 

On arrive maintenant à une étape clé: celle qui nous amène à poser la question de l'envie. Sans elle, rien ne se passe, ni apprentissage, ni échange, ni communication.

 

Pourquoi a-t-on envie d'écouter ?  Pourquoi a-t-on envie d'apprendre ? 

 

Qu'est-ce qui peut nous donner envie:

  • de nous ouvrir aux autres ?
  • et de nous nourrir de leur expérience ?
  • de comprendre le monde ?
  • de développer notre connaissance ?

 

Merci de vos idées.

Par dufay - Publié dans : bdufay
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Lundi 20 juin 2005

Poursuivons notre troisième livre

Son sujet est l'écoute

 

Voici une liste d'obstacles à une bonne écoute ou à l'apprentissage de connaissances nouvelles. Merci de m'aider à la compléter:

  1. écouter juste pour avoir l’occasion de montrer sa science, de donner des conseils, de dominer l’autre, de l’aliéner ; on écoute un fragment, celui qui nous arrange et qui va nous permettre de briller et de nous écouter nous-mêmes ;
  2. écouter un court moment sans laisser à l’autre le temps d’aller au bout de son explication parce que nous avons la solution au problème. Tellement entraînés à la recherche de solution en toutes circonstances, nous fonçons tête baissée sans savoir si nous disposons de toutes les données du problème.
  3. ne voir aucune utilité à écouter car sûr de tout, nous n’imaginons pas que quelqu’un d’autre ait plus raison que nous. Un tel sentiment de supériorité conduit à n’écouter que ce qui nous arrange ou nous conforte dans nos idées personnelles. C’est de l’écoute sélective.
  4. écouter sans écouter, écouter distraitement, écouter d’une oreille, par politesse ou en espérant que l’échange sera le plus court possible. Dans le meilleur des cas, on pensera à une disponibilité insuffisante, peut-être excusable par des occupations trop nombreuses. Dans le pire des cas, on verra là les conséquences du papillonnage et du zapping.
  5. écouter sélectivement ceux qui peuvent nous être utiles, ceux qui ont de l’intérêt à nos yeux, et ne nous adresser aux autres que pour leur donner des ordres. Cette attitude rejoint le snobisme de ceux qui pensent qu’il n’est pas bon de passer du temps avec ceux qui ne sont pas de leur « rang ».
  6. ne pas oser se livrer à l’écoute par timidité car il y a un risque à devoir se livrer soi-même. L’attitude réservée, l’interruption des conversations qui s’enfoncent dans l’intimité, la distance systématique avec le sujet et celui qui s’exprime permettent de ne pas s’exposer et dénotent d’une peur de l’autre ou du sujet abordé.
  7. n’écouter que nos aspirations intimes afin de nous faire plaisir ; l’individualisme touche alors à l’hédonisme et enferme l’individu dans la prison de ses émotions, sens ou instincts.
  8. ne pas écouter par peur de nous laisser influencer par des gens qui veulent du mal à nous-mêmes ou à notre communauté. Nous avons été si souvent déçus, trompés ou menacés que le mieux est de ne plus faire confiance à personne à l’extérieur de notre camp.
  9. n’écouter que nous-mêmes afin de nous en sortir le mieux possible; l’individualisme issu des situations difficiles conduit à s’occuper de soi pour survivre ; il ne reste plus de place pour aucune attention externe.
  10. curieux de rien, fatigué de tout, nous nous bouchons les oreilles. Tout est trop compliqué, nous baissons les bras, et préférons nous abrutir dans la facilité intellectuelle, la paresse sensorielle des images.
  11. ne pas écouter par manque d’envie d’apprendre. Cette inappétence est souvent due à un manque d’intérêt pour les sujets proposés, à d’énormes erreurs pédagogiques ou à la paresse du connaisseur qui est censé transmettre. 
  12. ne pas écouter par peur de l’effort à fournir pour approfondir et comprendre. Apprendre est souvent relié à travail, étude, difficulté, sanction…
  13. ne pas écouter par peur d’apprendre. Inconsciemment nous pensons au risque de nous exposer à de nouvelles informations ; nous pourrions échouer dans leur assimilation ; nous pourrions être inquiets de sortir de notre état d’ignorant : tout changement comporte une déstabilisation.
  14. ne pas écouter à cause d’un sentiment de culpabilité. Dans un monde où l’information est surabondante, où tous les savoirs sont accessibles, nous pouvons avoir l’impression qu’il n’y a plus aucune excuse pour ne pas être au courant de tout et cela nous conduit à nous renfermer sur nous-mêmes, rejetant certains sujets d’un revers de main, feignant le désintérêt, afin de ne pas révéler aux autres notre ignorance.
  15. ne pas écouter car nous avons acquis la conviction qu’apprendre n’apportera rien. Le contexte social dans lequel nous vivons ne nous motive que faiblement à nous tourner plus longuement vers l'apprentissage continu de connaissances. Le savoir n’a plus l’aura qu’il avait hier ; il n’est plus aussi valorisant.

J'attends vos propositions...

Par dufay - Publié dans : bdufay
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Dimanche 12 juin 2005

Poursuivons notre troisième livre

Son sujet est l'écoute.

Nous avons vu dans la première partie que l'écoute peut prendre des formes bien différentes. Voyons ce que les spécialistes en pensent et ce qu'ils nous conseillent pour la rendre efficace.

 

Les psychothérapeutes pratiquent l’écoute tous les jours avec leurs patients. Le premier d’entre eux, chronologiquement et sans doute aussi par l’apport à la discipline, Carl Rogers, a bien mis en évidence les conditions qui leur permettent d’espérer un succès de leur thérapie. Elles sont au nombre de trois :

-         la congruence, qui signifie que le thérapeute doit être authentique et ne pas hésiter à vivre réellement ses sentiments au cours de la relation avec le patient;

-         la considération inconditionnelle, qui incite le thérapeute à avoir un souci total et une acceptation complète de toutes les facettes de son patient ;

-         la compréhension empathique, qui doit amener le thérapeute à deviner les sentiments de son patient, à lui communiquer sa bienveillance et lui montrer sa compréhension.

 

Si ces conditions sont remplies, le patient se sait écouté sans être jugé, il se sent respecté et considéré pour ce qu’il est simplement. Le patient devient alors capable de mieux s’écouter lui-même, il s’ouvre de plus en plus au thérapeute, il apprend à s’analyser, puis à s’accepter pleinement. Ainsi l’écoute amène l’écoute. C’est un procédé psychologique qui se comprend intuitivement et qui a été prouvé par de multiples études.

 

Cette écoute repose sur les sentiments entre deux personnes. L’une est bienveillante, ouverte, disponible, et s’oblige à ne porter aucun jugement de valeur ; l’autre se sent en confiance, éprouve des sentiments d’amitié pour le premier, il s’ouvre à lui, prend ses conseils en considération, car il les intériorise d’autant plus qu’ils ne lui ont pas été imposés, et qu’il les a découverts par lui-même.

 

Allons un peu plus loin. Il est utile de rappeler les attitudes que les psychologues connaissent bien et qui vont ou ne vont pas établir ces conditions que l’on pourrait qualifier d’écoute idéale. Imaginons qu’une personne vous expose son problème.

  1. Si vous vous précipitez pour lui donner un conseil ou lui fournir « la » solution, la relation s’arrête probablement sur une frustration car la personne n’aura pas eu l’occasion de se livrer complètement et cette solution sera votre solution. Même si vous prenez beaucoup de précautions, il aura l’impression que vous cherchez à lui imposer.
  2. Si vous proposez votre aide, si vous exprimez votre soutien moral, vous croyez bien faire en rassurant, mais vous risquez de minimiser le problème, en fait vous n’aurez fait guère mieux que dans le cas précédent.
  3. Si vous questionnez pour mieux comprendre, vous risquez de vous mettre à la place de l’autre, de parler plus que lui avec des questions trop nombreuses qui interrompent le fil de sa pensée et le mettent dans l’embarras. Un questionnement qui invite à poursuivre sans tomber dans ces écueils est difficile à faire.
  4. Si vous évaluez la situation décrite par rapport à des normes morales ou légales, vous jugez la personne qui se sentira sur le banc des accusés.
  5. Si vous interprétez ce qui vous est dit, vous aurez peu de chances de tomber juste du point de vue de l’autre et vous donnerez l’impression d’être un professeur qui sait et que l’autre n’a qu’une chose à faire : écouter sans rien dire.
  6. Si vous cherchez à comprendre et si vous reflétez fidèlement ce qui vous est dit, alors vous aidez à préciser, vous pensez avec l’autre, votre écoute sera de meilleure qualité. Si, de plus, vous restez centrer sur l’autre et sur son problème, si vous lui montrez l’attention authentique que vous lui portez, alors vous serez certainement considéré comme un ami à qui on peut parler.

  

Il serait regrettable de ne voir l’écoute que comme une attitude passive : « Asseyez-vous sur mon divan, je vous écoute sans vous interrompre et sans rien vous dire, car tout doit venir de vous ». Pour certains psychologues, l’écoute a comme but d’aider l’autre à se développer et à réaliser ses sensations, et rien de plus. Pour d’autres, l’écoute est aussi faite d’échange et d’action. D’abord l’écoute consiste à faire découvrir à l’autre ses propres vérités, il faut donc le guider sur le chemin : ne pas imposer ne veut pas dire ne rien faire. Ensuite l’écoute provoque toujours un changement profond. En se comprenant mutuellement chacun des interlocuteurs se transforme ; personne n’en sort indemne. Enfin écouter est aussi apprendre de nouvelles connaissances qui induiront des modifications de comportements ou permettront de s’adapter à l’environnement.

 

Ecouter quelqu’un en difficulté ou qui veut se confier n’est pas si éloigné d’apprendre quelque chose de nouveau. Les dispositions d’esprit de disponibilité, ouverture, bienveillance, concentration, sont communes aux deux approches. De plus les sentiments en jeu sont les mêmes ; on écoute d’autant mieux que l’on fait preuve d’empathie pour l’autre et on apprend d’autant mieux que l’on aime le sujet et celui qui le transmet.

 

 

J'attends votre contribution autour de cette idée: écouter pour le bien de quelqu'un ou écouter pour apprendre: qu'elles sont les caractéristiques communes ? qu'elles sont les différences ? Merci

Par dufay - Publié dans : bdufay
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Samedi 4 juin 2005

Démarrons notre troisième livre

Son sujet est l'écoute.

Pour qu'une transmission fonctionne, il faut que le connaisseur fasse des efforts, c'est ce que nous avons vu dans le deuxième livre "apprendre à expliquer", il faut aussi que l'ignorant écoute.

  • On peut écouter le monde pour le comprendre, pour apprendre et connaître.
  • On peut écouter les autres, pour les aider, pour leur bien.
  • On peut écouter ceux qui nous entourent pour récupérer de l'information et l'utiliser.
  • On peut écouter nos états d'âme pour mieux percevoir notre identité.
  • On peut écouter le milieu divin, comme le mystique en méditation.

Existe-t-il d'autres formes d'écoute ?

On est plus ou moins "écoutant" selon notre âge:

  • le jeune, sûr de lui, en pleine adolescence, n'a pas envie d'écouter ses parents,
  • celui qui démarre sa vie professionelle, empli de certitudes, n'a besoin d'écouter personne,
  • celui qui a pris ses premières claques commence à écouter les gens d'expérience,
  • ceux qui ont vécu de durs moments dans leur vie peuvent s'enfermer sur eux-mêmes ou au contraitre s'ouvrir à l'écoute des heurs et malheurs des autres,
  • ceux qui sont exposés aux problèmes humains ou les professionels du social pratiquent l'écoute bienfaisante,
  • les personnes agées qui mènent une vie sereine peuvent s'ouvrir aux autres, et les écouter avec empathie et chaleur,
  • en fin de vie, l'écoute de Dieu se généralise, la peur du néant fait réfléchir.

D'autres moments de la vie sont-ils associés à des types d'écoute particulière ?

Merci de votre aide. 

Par dufay - Publié dans : bdufay
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Samedi 28 mai 2005

Apprendre à expliquer : un défi pour la démocratie

 

 paru dans La Tribune le 21 juin 2005 

 

Beaucoup de commentateurs font d'excellentes analyses du référendum; ils interprètent le résultat sous les angles politiques et sociologiques. Pour ma part je voudrais revenir sur le problème de la pédagogie en affirmant haut et fort : Cette consultation est un échec pour l'explication. Il me semble que nous sommes nombreux à avoir voté avec un sentiment de malaise : celui d’avoir mis un bulletin dans l’urne sans avoir réussi à correctement et sereinement comprendre le texte proposé. D'abord il est long et difficile à lire; personne n'a réussi à le présenter de manière synthétique et accessible à tous. Ensuite les explications sont arrivées beaucoup trop tardivement, se mélangeant aux arguments des uns et des autres et ne pouvant combler des années d’absence de débat en quelques semaines. Enfin les hommes politiques ont tous exagéré leur position au point de se contredire au sein d’un même parti et de se décrédibiliser. Sans oublier les médias qui se sont écartés de leur rôle en optant franchement pour le "oui" et ont finalement inspiré la méfiance. Résultat : une grande confusion, de multiples peurs ravivées et l’envie de répondre à côté de la question posée.

 

Je ne pense pas que nous ayons vécu avec ce référendum une situation particulière : nous allons vivre de plus en plus souvent des circonstances qui posent de graves problèmes d’explication. Le monde et la société se complexifient, et en même temps, les citoyens veulent comprendre par eux-mêmes. Ils n’accordent plus leur confiance a priori et ils se méfient de la complexité qui peut cacher des manipulations ou des abus de pouvoir. 

 

La question est importante puisqu’elle touche à la « qualité » de la démocratie dans laquelle nous vivons : Comment peut-elle fonctionner si personne ne sait répondre à ce besoin d’explication de sujets complexes ? Les gens d’en bas ne vont-ils pas continuer à rejeter les élites, les institutions, les élections ? Et ceux qui savent ne seront-ils pas tentés de passer en force ? Ou bien choisiront-ils d’avancer masqués et de devenir des manipulateurs de plus en plus habiles ?

 

Transmettre une connaissance est un art très difficile qu’il est pourtant possible d’apprendre. C’est en tout cas ce que je pense après avoir étudié les méthodes de célèbres vulgarisateurs : Expliquer n’est pas enseigner, car celui qui sait n’est pas un professeur et il ne s’adresse pas à des enfants réunis dans une salle de classe, mais à des adultes capables de comprendre et sollicités par de multiples activités. Expliquer n’est pas non plus convaincre à toutes forces ; les arguments seront à exhiber plus tard, après avoir réussi à vulgariser. Enfin expliquer n’est pas traduire en termes simples, paraphraser pendant des heures, ni démontrer par A + B. Expliquer repose sur un cocktail dont je ne donne ci-dessous qu’un aperçu :

-         Dégager l’essentiel de l’accessoire

-         Adopter un style clair, des mots simples, des illustrations pertinentes

-         Attirer l’attention, attiser la curiosité

-         Faire appel à l’intuition autant qu’à la raison

-         Susciter le questionnement

-         Définir des étapes à objectif modeste

-         Partir des acquis et des expériences du public

-         Choisir et provoquer les meilleures conditions d’écoute

 

Chacune de ces idées semble évidente. Encore faut-il les utiliser avec l’état d’esprit qui convient, c’est-à-dire avec honnêteté et empathie afin que l’ignorant ne se sente pas en relation de domination ou de sujétion. C’est le plus important et le plus difficile pour les élites qui devront descendre de leur piédestal et se rendre disponibles en temps et en esprit. Ceux qui ne s’en sentent pas capables doivent travailler avec des vulgarisateurs qui prendront beaucoup mieux qu’eux de la distance vis-à-vis du sujet à traiter, qui comprendront les préjugés, idées reçues et contrevérités qui peuvent encombrer les esprits et qui accepteront la contradiction et les questions de Monsieur Tout le Monde. Les explications neutres doivent être présentées en premier lieu, les argumentaires viendront plus tard ! Enfin rappelons que vulgariser nécessite de la créativité et beaucoup de travail : les astuces qui aident certains à comprendre ne conviennent pas à d’autres; les meilleures ficelles s’usent et doivent être renouvelées sans cesse.

 

Portons à cet art de l’explication l’attention et les efforts nécessaires ! Tout le monde y trouvera son compte : les politiques, les médias, les savants, les intellectuels, les managers verront là une belle occasion de redorer leur blason. Les citoyens pourront satisfaire leur besoin de comprendre et commencer à se réconcilier avec les élites et avec les institutions. La société aura quelque chance de se consolider puisqu’un meilleur dialogue de haut en bas est à la fois indispensable pour une démocratie de qualité et facteur de cohésion sociale.

Par dufay - Publié dans : bdufay
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Samedi 14 mai 2005

résumé du deuxième livre

Apprendre à expliquer

l'art de vulgariser

 

 

Ce deuxième livre est composé de deux parties, l'une pose les fondations de l'art de vulgariser, l'autre est consacrée à la pratique.

1ère partie : les fondations : pour améliorer notre sens critique, il faut améliorer notre connaissance tout au long de notre vie et au delà des formations scolaires et professionnelles. Ce n'est pas chose facile car :

    • - l'information est surabondante, fragmentée, questionnable
    • - le monde se complexifie, le nombre de sujets complexes augmente,
    • - nous sommes sollicités par des tonnes d'activités, nous manquons de temps et parfois de motivation à apprendre des choses nouvelles 

Il faut donc que ceux qui savent, les connaisseurs, fassent des efforts pour expliquer clairement aux ignorants auxquels ils s'adressent. Transmettre une connaissance est un art très difficile qui devient aujourd’hui un réel enjeu de société pour que la démocratie continue à fonctionner. Cela concerne tout le monde: les politiques, savants, intellectuels, patrons, journalistes; mais aussi nous-mêmes car nous sommes parfois dans le rôle du connaisseur, par exemple en entreprise lorsque nous accueillons un nouveau.

 

Il ne s'agit pas simplement de communiquer encore plus, mais de partager un savoir et de le vulgariser, c'est-à-dire informer, expliquer, attirer l'attention, exciter la curiosité et éveiller le sens critique. Il s'agit aussi d'aborder l'ignorant avec l'état d’esprit qui convient, fait d'empathie, d'ouverture d'esprit et de disponibilité. Sinon, l'ignorant se sent dominé et se referme sur lui-même. Il s'agit de prendre de la distance vis-à-vis du sujet à traiter afin de détecter les préjugés et contrevérités qui encombrent les esprits ; il s’agit de porter à la compréhension d’autrui avec humilité, avant d'essayer de convaincre à toute force.

 

Finalement, je propose de considérer l'art de vulgariser comme une réelle activité de création afin de toucher autant la raison, l'intuition que les sentiments de l'ignorant et afin d'inventer de nouvelles manières d'expliquer qui satisferont le plus grand nombre de publics.

 

 

2ème partie : la pratique : En étudiant les méthodes des vulgarisateurs d'hier et d'aujourd'hui, en analysant des revues et beaucoup de livres de vulgarisation, j'ai répertorié des méthodes qui ont fait leur preuve:

    • - l'expérimentation,
    • - la comparaison, la métaphore, l'exemple
    • - l'association de sujets, le condensé, la synthèse
    • - le raisonnement logique, le débat contradictoire,
    • - l'histoire, l'anecdote, le jeu, l'astuce
    • - la méthode pointilliste

J'ai tenté de repérer les bonnes pratiques rhétoriques et la manière de structurer le plus cliarement possible une présentation en l'agrémentant d'illustrations qui aident à la compréhenion. J'en ai dégagé une démarche qui consiste à se poser des questions avant de produire:

    • - quelle est ma relation avec le public et le sujet que je vais aborder ?
    • - quelle est la nature des connaissances que je veux transmettre ?
    • - quelles sont les circonstances de la relation que je vais établir ?
    • - quelles méthodes sont à privilégier ?
    • - comment vais-je valider ma production ?

Je n'ai fait dans ce livre que brosser à grand trait la question de l'explication objective de sujets complexes au plus grand nombre. Il est tellement au coeur de l'actualité du printemps 2005 avec le référendum sur la constitution européenne, qu'il faudrait lui donner beaucoup plus de notoriété. Comment l'institutionaliser ? Comment lui donner des fondements théoriques solides ? Comment former les élites à l'art d'expliquer ? ...

 

J'attends vos idées sur toutes ces questions et tous vos commentaires, bien sûr...

Par dufay - Publié dans : bdufay
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Samedi 7 mai 2005

résumé du premier livre

Ne vous laissez plus influencer !

Sens Critique : mode d'emploi

 

Ce livre est construit autour de deux idées : juger/critiquer et connaître.

1ère idée juger/critiquer : pour renforcer notre sens critique, devenons lucides:

- nous n'osons pas critiquer les sciences; car elles nous impressionnent. Nous les croyons parfaites, nous leur faisons trop confiance, ou alors, à l'opposé nous rejetons tous progrès technologiques sans réfléchir.

- nous nous laissons manipuler par les médias, car nous ne les connaissons pas bien, (par exemple que savons-nous de l'impact des images chocs sur notre cerveau ?). Elles nous fascinent et nous avalons tout passivement.

- nous ne maîtrisons pas nos propres émotions. Nous sommes un peu trop sensibles et un peu trop tolérants avec nous-mêmes. Nous sommes dans la poussée émotionnelle d'aujourd'hui, et en même temps, nous devenons encore plus influençables si on nous prend par les bons sentiments.

2ème idée connaître: pour renforcer notre sens critique, il faut de la méthode :

- nous devons discerner les amalgames: qu'est-ce qui relève du scientifique, du philosophique, du politique, du religieux ? Chacun a sa place car les amalgames conduisent aux erreurs de raisonnement et peuvent nous entraîner jusqu'aux mouvements sectaires.

- nous devons rechercher des explications objectives: il faut aller à la source des informations et chercher à comprendre par nous-mêmes. Il faut aller à la rencontre de connaisseurs dignes de confiance et rester dans un doute méthodique jusqu'à ce que nous ayons recoupé les informations.

- nous devons éviter les sirènes de la facilité: chaque fois qu'il semble trop facile de faire, penser ou obtenir quelque chose, c'est qu'une tromperie se trouve en arrière plan.

- nous devons rechercher un équilibre entre attitudes passive et active, entre la place du réel et du virtuel, entre raisons et émotions... et nous connaître nous-mêmes un peu mieux.

 

"Rien de bien nouveau" diront les philosophes ! C'est vrai, mais le sujet est toujours aussi actuel et mérite d'être mis à la portée de tous.  Qu'en pensez-vous ?

Par dufay - Publié dans : bdufay
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Samedi 7 mai 2005

informations et avertissements

 

A ceux qui seraient méfiants:

Je suis un amateur qui n'a aucun intérêt financier, politique ou autres. J'écris des livres et je propose ce blog par plaisir, pour susciter le dialogue avec mes amis et parce que le sujet m'intéresse.

Pour me connaître mieux, une petite biographie est disponible sur: http://www.nevouslaissezplusinfluencer.com

 

A ceux qui contribueront au troisième livre que je propose d'écrire collectivement:

Je ne garantis pas de reprendre toutes les idées.

Je ferai des synthèses donc vous ne reconnaîtrez peut-être pas facilement votre contribution.

Ceux qui souhaitent que leur idée leur soit attribuée doivent l'indiquer clairement; ils seront remerciés nominativement au début du livre. 

 

A tout le monde:

Mes livres reposent sur trois piliers : les enjeux sociologiques de la question abordée, des apports théoriques, et des pistes méthodologiques. On peut les classer dans la rubrique "développement personnel", car ils donnent aussi des conseils pratiques.

En aucun cas, ils ne donnent des leçons; je n'ai pas la prétention de savoir mieux que d'autres ni d'avoir la science infuse. Je reste un amateur avec l'humilité que cela suppose.

Par dufay - Publié dans : bdufay
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