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Dimanche 29 mars 2009
individualisme et collectifs: partie 8 et fin

Pour terminer ce long article je souhaiterais faire encore quelques remarques.

  • Ce qui précède relève d'un raisonnement sur la nature individualiste de notre société. Même si d'un coup de baguette magique on savait réaliser les changements que j'ai proposés, rien ne permet de penser que les relations humaines s'amélioreront et que la société dans son ensemble fonctionnera mieux. Chacun sait que les connaissances et la raison ne sont pas suffisantes pour améliorer les rapports entre les humains. Il faut adjoindre du sentiment entre les individus qui se côtoient et développer leur empathie. Si les associations ont plus de chances que l'Etat de réussir dans ce domaine, je reste conscient que l'affectif ne se décrète pas. J'espère que la sensibilité croissante que les individualistes développent pourra être canalisée par des projets de création et venir irriguer d'affect les liens sociaux construits au sein des collectifs locaux.
  • Un autre élément est essentiel pour améliorer l'édifice: il faut donner du/un sens à l'action individuelle pour elle-même et en tant que composante de l'action collective. Cela commence dans la vie quotidienne avec le consommateur qui voudrait consommer mieux, en tenant compte de sa santé, de l'écologie, et de l'économie. Cela concerne le travailleur qui se demande pourquoi il se bat chaque jour dans son travail et qui voudrait participer à la gestion à long terme de son entreprise. Cela inclut aussi le citoyen qui voudrait comprendre quelle société nous sommes collectivement en train de modeler et quelle est la vision d'avenir de ceux qui nous gouvernent. Il ne s'agit pas de ressusciter les grands projets, mais de donner une perspective qui transcende les contingences. Dans ces temps de crise, les interrogations deviennent des raisons de ne pas avancer. Une bonne part des blocages de l'économie relève de causes psychologiques. Hier, aujourd'hui comme demain, l'être humain ne peut se passer de rêve, d'imaginaire, de transcendance pour avancer.
  • Les spécialistes commencent à penser que Rousseau avait tort lorsqu'il disait que l'homme est bon, c'est la société qui le corrompt. En fait sans société qui l'encadre, l'individu ne parvient pas à se socialiser : il devient un sauvageon et la société se met à régresser au détriment des plus faibles, du développement des valeurs humanistes, de la création et du bonheur de vivre ensemble. Tout l'enjeu consiste à définir cet « encadrement » de l'individu par la société. Trop rigide, il sera rejeté ; trop léger, il sera inopérant. Il doit fixer des limites avec des lois lorsqu'il le faut, mais aussi guider, transmettre et favoriser la self éducation des citoyens. Grand programme pour une société ! Mais projet indispensable pour un fonctionnement plus harmonieux. 

 

Par B. Dufay
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