La bonne idée de M. Hirsch
Je serai bien seul à être pour l'idée de M. Hirsch qui consiste à récompenser par une somme d'argent l'assiduité des élèves d'une classe. Encore un bel exemple de désinformation massive: tous les
médias et même des pédagogues de renom ont parlé de scandale car on allait donner de l'argent aux élèves pour qu'ils aillent en classe. Cela serait scandaleux, mais il ne s'agit pas de rémunérer
les élèves; il s'agit de financer des projets collectifs de classe: voyage, achat de matériel, permis de conduire...
Je trouve cette idée très bonne car il faut lutter par tous les moyens (ou presque) contre l'école buissonnière. Ceux qui n'auront pas un bagage suffisant seront de plus en plus des exclus du
monde professionnel et par conséquent des exclus de la société.
Il vaut mieux montrer la carotte que donner du bâton, surtout avec des adolescents. Ce qui est amusant, c'est que ceux qui hurlent contre cette carotte sont aussi ceux qui hurlent
régulièrement contre le bâton. Ils n'ont décidément rien à proposer !
Je trouve l'idée bonne car elle donne un objectif commun à un groupe de jeunes. Elle a l'avantage d'éduquer à cette notion si délicate de collectivité. Une collectivité n'est pas une bande; c'est
un ensemble d'individus qui n'ont pas choisi d'être ensemble mais qui le sont. Elle résulte de ce rapprochement d'individus et en même temps, elle modèle l'individu en lui imposant des règles
de vie en commun. La collectivité produit plus que la somme de ce que chaque individu peut faire isolément.
Dans notre démocratie individualiste, l'individu a tendance à tourner le dos à la collectivité car il supporte moins ses contraintes. Mais comme l'individu a besoin de proximité, de
reconnaissance et d'identité, il n'a pas envie de rester à l'écart des autres. La tendance est donc de se regrouper en communautés plus ou plus enfermées sur elles-mêmes, en bandes de gens qui se
soudent autour d'un chef ou d'un projet, ou encore en groupes de personnes qui cherchent à se ressembler fortement (mode, piercing, tatouage...). Ces regroupements ne font pas dans
la diversité et dans l'ouverture; ils nuisent à l'intégration dans la société; ils empêchent celle-ci de fonctionner harmonieusement.
Alors cette idée de M. Hirsch est bonne car, au delà de son objet, elle crée des liens entre tous les élèves d'une classe, elle montre ce qu'il y a de positif dans la notion de
collectivité. Elle apprend ce qu'est une société, comment cela fonctionne, comment on peut vivre en société dans ses nombreuses dualités:
un - tous, moi - eux, liberté - contrainte, intérieur - extérieur, origine - produit, droits - devoirs, donner - recevoir.
Elle peut nous apporter beaucoup, mais pas plus que ce qui provient de nos contributions.Nous sommes les éléments de base, l'origine de la société et en même temps nous en sommes les produits. Sans
elle, nous ne pouvons pas exister mais elle ne peut pas exister sans des individus qui acceptent de jouer un peu le jeu collectif.
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