ce blog fait part de réflexions liées à mes lectures et d'observations sociologiques; il me permet de travailler le thème de l'individualisme contemporain face au développement des technologies (IA), aux enjeux écologiques et à ses questionnements existentiels/spirituels
Comment devenir optimistes?
Pour certains, il faut faire un travail sur soi. Pour la majorité, il faut attendre qu'un projet excitant soit proposé par un gouvernement, par un politicien, par un gourou... On risque d'attendre longtemps. Je ferais remarquer aussi que le meilleur projet proposé par le meilleur communiquant sera mal reçu si les personnes broient du noir. Le pessimisme est comme des lunettes déformantes. Oui, il faut des visions intéressantes, mais il faut surtout changer notre regard pour les recevoir et il faut surtout se créer ses propres projets. il est inutile d'attendre que quelque chose change à l'extérieur pour nous rendre soudaiement optimistes.
Cette idée de se projeter dans l'avenir est dangereuse. Je crois qu'un équilibre passé - présent - futur doit être recherché. Il faut arrêter de ruminer le passé et il faut savourer le présent et il faut avoir des projets d'avenir. Dès qu'un déséquilibre existe entre ces trois aspects, c'est la catastrophe: trop dans le passé et c'est la nostalgie ou la culpabilité qui nous guettent; pas assez dans le passé et c'est l'absence de racine et la non compréhension du présent qui nous affectent. Trop dans le présent et on tombe dans l'hédonisme, pas assez dans le présent et on est trop dans le passé ou trop dans l'avenir qui expose aux frustrations de l'attente de rêves qui n'arrivent jamais ainsi qu'au sentiment de n'être jamais bien ici dans le présent; finalement on attend constamment que le temps passe de plus en plus vite pour vivre un futur prétendument meilleur, des vacances par exemple qui passent toujours beaucoup trop vite. Mais le temps qui passe de cette manière en attente de quelque événement finit par être regretté quand l'âge augmente.
On entend souvent que pour être optimistes il faut rêver d'un avenir meilleur et il faut un "beau" projet. C'est à dire qui incarne des valeurs supérieures, des valeurs qui transcendent qui nous élèvent au dessus des contingences de la vie de tous les jours, des valeurs pour lesquelles on est prêt au sacrifice. Pas évident à trouver! On peut penser aux idéologies/projets politiques, aux mouvements philosophiques, aux projets de création, à la religion... Peut-on se sacrifier pour le projet de construction européenne? ou pour que les conditions économiques soient meilleures ou même pour éradiquer la faim dans le monde? Peut-on se sacrifier pour éradiquer le terrorisme? Peut-on se sacrifier pour donner une planête propre à nos enfants? Pas sûr, le premier est trop flou; le deuxième manque de hauteur; le troisième ne concerne pas nos proches. Le quatrième est belliqueux; le cinquième concerne nos proches : il pourrait bien convenir mais il semble trop politisé et noyauter par des personnes issues du marxisme. Les projets et idéologies politiques sont suspects depuis leur faillite au 20ème siècle. L'humanisme est un "beau" projet philosophique, même si on du mal à le concrétiser dans la vie courante par manque de contours précis. Les projets de création nous transcendent ; ils sont aussi de "beaux" projets, on y sacrifie volontiers une part de notre vie. Le projet chrétien qui repose sur la paix, l'amour, la justice, me semble le seul à répondre à tous les critères et il a l'avantage d'englober humanisme et création. On sait que les valeurs humanistes découlent des valeurs chrétiennes et que toute création est un prolongement de l'oeuvre de Dieu.
On voit bien ici que ce ne sont pas les économies et les politiques qui mènent le monde, ce sont les idées. Car une population qui croit en quelque chose de transcendant peut soulever des montagnes en convergeant dans un projet collectif. La récente béatification de Jean Paul II nous a fait revivre cette période incroyable des années 80 qui ont vu la chute du communisme, non pas par les armes ou par des blocus économiques/financiers, mais par les hommes qui croyaient en un beau projet!