ce blog fait part de réflexions liées à mes lectures et d'observations sociologiques; il me permet de travailler le thème de l'individualisme contemporain face au développement des technologies (IA), aux enjeux écologiques et à ses questionnements existentiels/spirituels
La souffrance n'a aucun sens car elle est l'opposé de la vie sur terre dans de bonnes conditions. Seuls les croyants qui offrent leur souffrance à Dieu peuvent y trouver un sens. Parfois on cherche un sens à la souffrance là où il n'y en pas. Les épreuves de la vie tombent sur tel ou tel individu de manière aléatoire ; on se culpabilise à force de chercher là où il n'y a rien à trouver. « Un coup du sort est une blessure qui s'inscrit dans notre histoire, ce n'est pas un destin » B. Cyrulnik. Il serait évidemment plus raisonnable de considérer que les épreuves font partie de notre vie autant que les joies. Il serait plus équilibrant de chercher à les gérer tant bien que mal en soi et avec son entourage avant d'en faire une quasi maladie que les psychologues doivent traitées. Il serait plus positif de réaliser que c'est en franchissant des épreuves que l'on se fortifie. L'épreuve est une occasion d'apprendre à se connaître et à se maîtriser. Elle donne l'occasion d'une satisfaction intense, celle d'avoir trouvé les ressources pour la surmonter. L'expérience s'enrichit des épreuves; elle s'améliore au point de devenir un guide pour le reste de la vie, mais surtout elle est la source du bonheur de maîtriser un peu mieux les événements qui surviendront dans le futur. Mais il n'y a rien à faire, nous n'arrivons pas à adopter ses positions raisonnables car nous sommes des individualistes fragiles !
L'individualiste aujourd'hui est seul face à ses problèmes sans le secours des repères de la tradition. Où trouver les ressources pour gérer les difficultés ? Comment trouver un sens ? Comment éviter de se poser les mauvaises questions et de se culpabiliser ? Ayant tendance à prendre grand soin de lui-même et à s'écouter, il a une grande peur de souffrir, de n'être pas à l'abri des problèmes dont on parle tant dans les médias. Sa peur augmente avec sa compassion ; sa résilience baisse avec son émotivité. Et un cercle vicieux se met en place, car la compassion se généralise. Les spécialistes du marketing en usent et en abusent ; les médias s'en font un écho assourdissant, donnant toujours plus la parole aux victimes. Les hommes et femmes politiques doivent s'attendrir publiquement pour montrer leur proximité avec les gens et leur compréhension des problèmes de monsieur Tout-le-monde. On parle moins d'injustices et plus de souffrances sociales ; on entend des témoignages de plus en plus tristes et on trouve ennuyeux ceux qui cherchent à prendre du recul et à élever le débat. Cette tendance accroit la passivité des individus, renforce leur sensibilité/émotivité et abaisse leur résilience. L'individu à faible résilience demande de la compassion, qui lorsqu'elle est médiatisée, baisse la résilience individuelle et collective, et ainsi de suite. Jusqu'où cela peut-il aller ?
Il faut de la sagesse pour accepter les souffrances, il faut beaucoup de temps et de maturité pour gagner en sagesse. Ce n'est certainement pas en refusant de voir les difficultés et en infantilisant la population que l'on peut progresser dans ce sens à titre individuel ou collectif !