Suite aux fêtes de fin d'années (petit article qui est resté trop longtemps dans les brouillons).
Chacun a sa manière de vivre les fêtes de fin d’année. Noël en famille, le 31 décembre avec des amis ; en voyage ou chez soi ou au restaurant; modestement ou fastueusement... Je crois
quand même que la majorité d’entre nous mettons les petits plats dans les grands à cette occasion. C’est la fête, il faut la célébrer. Les cadeaux toujours plus nombreux, les repas toujours plus
copieux et raffinés. Certains le déplorent ; j’ai entendu bien des gens se lamenter que Noël devient une fête de la consommation, l’apothéose annuelle de la société de consommation, perdant
ainsi toute signification. C’est sans doute vrai, mais je crois qu’il ne tient qu’à nous de lui donner un sens plus profond et de voir le beau côté des choses. Chaque année des millions d’enfants
s’émerveillent, les cloches des églises résonnent et des actions de générosité sont réalisées un peu partout.
Je pense aussi que plus nous écoutons nos envies, plus notre regard est attiré par le superficiel, plus on se regarde le nombril et moins on a l’occasion de prendre de la hauteur face aux
événements. A trop faire les magasins pour trouver les mets les plus savoureux, à trop lire les magazines pour être à la dernière page des décorations d’intérieur, à trop parler quantité/qualité
des boissons que l’on absorbe, l’esprit est entièrement accaparé par les besoins du corps et se ferme à toute autre considération moins égoïste et matérielle.
Peut-être faut-il rapprocher cela d’une autre observation que j’ai faite l’été dernier : il semblerait que nos fonctions vitales prennent une
place de plus en plus grande dans nos vies! Prenez les piétons. Ils ne peuvent plus faire 100 mètres dans la rue sans avoir une bouteille à la main, sans boire de petites gorgées toutes les 5
minutes. Certains se sentent obligés de répondre aux petites faims en mangeant des sucreries toutes les demi-heures comme s’ils avaient un vrai risque de manquer ou de tomber d’inanition. Prenez
les feuilletons à la télévision ou les shows des humoristes, ils sont tous obnubilés par le sexe. On a l’impression que la vie des héros est menée par leur sexe. Ce ne sont plus des histoires de
cœur qui sont filmées ou racontées mais des affaires de sexe. Sans parler des magazines « people » qui font un tabac avec les ébats amoureux des vedettes et avec des conseils pour bien
séduire, pour plus attirer l’attention, pour mieux manger, pour maigrir, se relaxer, se muscler, bronzer, bref pour nager en plein bonheur grâce à un corps satisfait.
Je ne crois pas que l’homme ait subi une mutation telle qu’il aurait physiquement besoin de plus et plus fréquemment de boire, manger ou copuler. Ça
se saurait ! C’est dans la tête que ça se passe ! Nous avons suivi une évolution individualiste forte qui nous incite à beaucoup nous occuper de nous-mêmes. Je pense aussi que le
marketing nous pousse dans cette voie ; il répond à nos besoins autant qu’il guide nos envies. La satisfaction du corps entraînerait-elle le bonheur ? Ou bien, le futur est-il noir à ce
point que nous nous faisons des petits plaisirs chaque fois que cela est possible comme si nous vivions notre dernier jour ? Ou bien, cette consommation vient-elle nous aider à combler un
vide existentiel ? Ou encore, ne sachant pas avec qui partager dans ce monde hostile, préférons-nous consommer seuls de manière hédoniste ? Ou enfin, la consommation est-elle une marque
de reconnaissance, une manière d’exister au milieu de la foule et surtout un moyen de ne pas se faire remarquer comme celui qui ne pourrait pas assouvir ses désirs ?