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ce blog fait part de réflexions liées à mes lectures et d'observations sociologiques; il me permet de travailler le thème de l'individualisme contemporain face au développement des technologies (IA), aux enjeux écologiques et à ses questionnements existentiels/spirituels

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quatrième livre - quatrième partie

Poursuivons notre quatrième livre

son sujet est la création

Quelles capacités - qualités - conditions faut-il réunir pour être créatif ?

1.la capacité de pensée divergente joue un rôle central dans la création. Il s’agit d’une aptitude qui consiste à trouver des idées en grand nombre à partir d’un stimulus unique. Cette capacité fonctionne avec une autre qui consiste à faire des associations entre des observations, des idées récentes et des idées enfouies depuis longtemps. Cette capacité du cerveau donne à la pensée une flexibilité qui lui permet d’inventer et d’imaginer. Elle est présente chez tout le monde, même si elle peut être plus développée chez certains que chez d’autres.

 

2. Une autre capacité semble essentielle, c’est celle qui permet de sortir d’un cadre établi, de prendre ses distances par rapport à des conventions et à se permettre des idées nouvelles déstabilisant l’environnement. Nous l’appelons la pensée disruptive. Peut être moins répandue que la précédente, cette capacité est souvent aussi bloquée par notre peur de sortir des sentiers battus. 

3. Nos émotions jouent un grand rôle dans la création à plusieurs niveaux. D’abord il est établi qu’elles favorisent les processus d’apprentissage et de pensée divergente : il faut aimer suffisamment ce sur quoi on travaille pour retenir, assimiler et connecter des idées les unes aux autres par proximité émotionnelle autant que sémantique. Elles peuvent aussi les bloquer si elles envahissent trop complètement le cerveau ; les processus cognitifs sont alors empêchés. Ensuite les émotions sont matière à exprimer : elles déclenchent la motivation à créer autant qu’elles contribuent au contenu de la création. Elles sont des stimuli que la pensée divergente utilisera et qui s’exprimeront dans la production.

4. Certains créateurs se sentent inspirés lorsqu’ils sont envahis d’émotions négatives, d’autres ont besoin de stimulations euphorisantes. Je pense qu’il faut différencier la source d’inspiration qui peut être une tristesse, une mélancolie ou, à l’opposé, une joie, une jubilation, des conditions générales qui favorisent les mécanismes en jeu dans l’acte de créer. Celles-ci doivent être les plus agréables possibles pour aider nos capacités cognitives et celles d’expression à fonctionner le mieux possible. Nous devons nous sentir bien et être en confiance. Nous devons ressentir un plaisir aussi bien à observer notre œuvre qu’à réussir à avancer d’un pas dans notre projet. Les émotions jouent donc un rôle majeur dans les activités de création : il faut parvenir à les canaliser afin d’en utiliser la puissance sans en subir les méfaits.

5. Certains vivent toute leur vie dans des environnements sociaux, familiaux, scolaires qui les bloquent dès qu’ils cherchent à s’exprimer au lieu de les stimuler. Par exemple, une cellule familiale trop rigide aura tendance à étouffer la spontanéité créative de l’enfant car celui-ci se représente le monde comme immuable et n’osera pas y « toucher ». A l’extrême inverse le même phénomène est observé : dans un contexte trop désorganisé, l’enfant n’ose pas ajouter de l’instabilité dans un système déjà instable. Un environnement souplement structuré semble être le plus propice à la créativité.

6. Il faut de la stimulation, de la diversité, du brassage pour favoriser la créativité ; il n’en faut pas trop car le processus de création s’appuie sur la capacité à se projeter dans le long terme, à s’organiser, à identifier les contraintes et à les surmonter. Après avoir « divergé », il faut savoir « converger » sinon aucune production concrète ne verra le jour. Il faut donc être méthodique, rigoureux, et apprendre à travailler fréquemment sur de courtes durées. Ce point est très important car le temps est souvent l’ingrédient qui manque le plus aux amateurs. Il est rarement possible de consacrer une journée entière à une création ; aussi il indispensable d’apprendre à découper un travail en petites étapes compatibles avec de petites périodes de temps libre et à bien ranger ses idées et ses affaires pour pouvoir s’y replonger très rapidement.

7. Certaines personnes vivent sous l’emprise de frustrations trop fortes, de désirs non satisfaits, d’émotions envahissantes qui bloquent tout processus créatif. Je pense qu’il faut rechercher une sérénité intérieure et extérieure pour laisser s’exprimer son imagination, son intuition, son inconscient cognitif. Avoir confiance en soi, ne pas écouter les inhibiteurs et oser avoir des idées sont les bases de la création. On peut vivre parfois sous l’emprise d’émotions qui ne sont pas les nôtres : les médias, l’entourage, la société véhiculent de plus en plus d’informations fortement chargées émotivement. Il faut les canaliser pour créer une œuvre qui vienne véritablement de soi. Cette conscience des facteurs environnementaux qui pèsent sur nous est importante pour rester lucide et ne pas se laisser influencer et manipuler ; elle l’est aussi pour détecter les freins à notre créativité. C’est moins les idées géniales qui comptent que de se sentir libre d’exprimer ce qui circule dans notre esprit à notre manière et de façon élégante dans un premier temps avant de devenir artistique dans un deuxième. L’originalité provient de notre expression personnelle plus que de l’idée qui fait rupture avec la culture environnante.

8. La curiosité, l’agilité d’esprit, la mémoire sont des facultés qui entrent en jeu dans les pensées divergente et associative. Le quotient intellectuel ne semble pas déterminant ; il en faut un minimum, mais les études montrent que les personnes d’un fort QI ne sont pas particulièrement créatives. La pensée disruptive leur manquera sans doute car celle-ci est liée au goût du risque, à un désir de provoquer ou encore au courage de sortir complètement des sentiers battus. La sensibilité et la compréhension des émotions sont d’autres qualités évidentes, tout comme la persévérance et l’intuition. Une autre qualité moins évidente va nous intéresser tout particulièrement. C’est celle qui nous met en relation avec la réalité, qui nous aide à nous juger par rapport à notre environnement proche et au contexte social dans lequel nous évoluons. Cette qualité permet de réaliser une analyse de nous-mêmes et des autres et, en même temps, elle nous permet d’évaluer notre œuvre. Sans une telle évaluation le processus d’amélioration incrémentale ne peut pas se mettre en route. Chaque étape est déclenchée par l’interaction entre le créateur et son œuvre, mais celle-ci serait stérile si une évaluation réaliste, même si elle reste obligatoirement subjective, n’avait pas lieu. Chaque étape est alors un petit pas vers une œuvre de qualité originale. Chaque étape nous rapproche d’une jubilation plus grande, d’un bonheur qui transcende.

 

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A
Merci, Bruno , c'est absolument passionnant, d'une lecture tout à fait inhabituelle et c'est très juste , voire "vrai" en ce qui me concerne ;<br /> Bon courage pour la suite !<br /> amicalement
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