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ce blog fait part de réflexions liées à mes lectures et d'observations sociologiques; il me permet de travailler le thème de l'individualisme contemporain face au développement des technologies (IA), aux enjeux écologiques et à ses questionnements existentiels/spirituels

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quatrième livre - septième partie

Poursuivons notre quatième livre

son sujet est la création

-         Entre inspiration et travail : l’inspiration se mérite ; elle ne tombe pas dans les bras de ceux qui ne font pas d’efforts. Le travail est le moyen de la faire arriver à condition de ne pas l’étouffer par un bachotage technique. Le travail consiste aussi à apprendre, à étudier, à douter, à essayer, à recommencer, pour enfin tout oublier et laisser libre cours à l’inspiration qui vient du plus profond de soi. Mais elle peut aussi refuser de s’exprimer pendant de longues périodes et générer du découragement et des doutes.
-         Entre patience et impatience. Nous avons envie de voir se concrétiser cette œuvre que nous portons en nous et qui nous passionne. Nous avons envie de voir où elle va nous conduire à l’issue de ce processus incontrôlable qui amène à réaliser ce qui n’était pas imaginé au début. Le chemin s’arrêtera peut-être en des terres inconnues, s’il s’arrête un jour. Mais nous devons apprendre à tempérer notre ardeur pour laisser à l’œuvre le temps de mûrir. Nous devons apprendre à passer de l’activité à la passivité pour qu’en notre cerveau, elle existe de plus en plus. La brusquer ne ferait que la détruire ou la dévaloriser. L’œuvre prend ensuite son indépendance vis-à-vis du créateur, celui-ci regrettant parfois ce moment où il contrôlait sa genèse, où elle était entièrement à lui puisqu’elle résidait en lui.
-         La subjectivité de notre jugement. Nous avons le sentiment d’avoir fait pour le mieux, mais notre amour pour cette œuvre est comme celui porté à notre enfant. Engendrée, contemplée, modelée pendant de longues semaines, elle nous a donné autant de souffrances que de satisfactions. Nous ne pouvons critiquer froidement, objectivement, ce que nous avons réalisé. Sans jamais être tout à fait content de son œuvre, le créateur ne peut pas faire abstraction de cette relation d’amour qu’il entretient avec elle. D’autres se chargeront de la critique.
-         Pour moi pour les autres. La tentation est grande de créer exclusivement pour soi, pour se développer soi-même et sans risque de critiques qui peuvent faire mal. Un peu de solitude est favorable à la création, ne serait-ce que pour se concentrer, mais l’isolement ou l’enfermement sur soi sont à écarter. Le créateur a peu de chance de s’épanouir s’il n’est pas en relation avec les autres. Il doit s’oublier pour que s’expriment les profondeurs de son âme. Il doit laisser aller sa spontanéité sans calcul ni hédonisme pour réaliser qu’il détient des possibilités qu’il n’avait pas envisagées. Il doit penser aux autres pour se découvrir lui-même au terme du processus de création.
-         Jubilation et souffrance. La jubilation esthétique ou intellectuelle que l’on éprouve à contempler notre oeuvre n’est pas proportionnelle à une quelconque valeur absolue ou relative à un référentiel établi par des experts. Elle est proportionnelle à notre effort et à notre subjectivité. Elle sera donc bien réelle car dépendante de nous. Ce qui est le plus universel est ce sentiment de plaisir de l’œuvre ou de l’ouvrage accompli. La chose est terminée, elle existe, donc nous aussi, à nos yeux comme aux yeux des autres. La joie d’être parvenu à ses fins s’ajoute à la réjouissance de la contemplation pour lutter contre les découragements et les insatisfactions.
 

Le créateur doit gérer des contraires diverses ; il oscille entre joie et désespoir, entre doute et certitude, entre beauté et laideur. Il hésite entre isolement et ouverture, entre écoute de soi et des autres, entre égoïsme et altruisme. Il est constamment en équilibre instable. Lorsqu’il s’en rend compte et qu’il parvient à en tirer parti, ce déséquilibre peut être source d’idées, de liberté et de bonheur. Il transcende ses difficultés en satisfaction, en plaisir et en joie de vivre. Il communique celle-ci autour de lui, engendrant ainsi un terrain fertile à la création pour lui-même et pour les autres, par un jeu d’interrelations aussi multiples que créatives. La création n’est-elle pas aussi un excellent moyen pour apprendre à vivre ensemble ? 

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