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ce blog fait part de réflexions liées à mes lectures et d'observations sociologiques; il me permet de travailler le thème de l'individualisme contemporain face au développement des technologies (IA), aux enjeux écologiques et à ses questionnements existentiels/spirituels

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quatrième livre - sixième partie

 Poursuivons notre quatrième livre

son sujet est la création

L’art - thérapie est une psychothérapie qui utilise l’art comme moyen thérapeutique. Cette discipline s’est beaucoup développée dans les vingt dernières années. Elle occupe une certaine place dans la pratique médicale, mais ne dispose pas encore de cadre scientifique et académique très clair, ce qui devrait me faire hésiter à utiliser le terme « discipline ». Certains spécialistes sont très critiques à son égard et la rejettent. Ils préfèrent s’en tenir à l’organisation d’ateliers d’expression. Ces ateliers permettent aux malades d’extérioriser ce qu’ils souhaitent. Ils déchargent leurs tensions, ils se sentent libérés de leurs maux, mais l’effet est de courte durée. A peine l’exercice d’expression terminé que les démons s’imposent à nouveau. D’autres détracteurs prétendent que l’art – thérapie n’est qu’une forme évoluée des bricolages qui sont proposés aux malades pour les occuper. Ils ne voient en elle qu’une sorte de dérivatif qui peut aider les malades à sortir pour quelque temps de leurs problèmes.
 
Je ne suis pas capable d’entrer dans ce débat, mais j’ai l’impression que l’art – thérapie a prouvé son efficacité. C’est déjà une bonne raison pour s’y intéresser ! J’en vois une deuxième. C’est que les ressorts de cette efficacité ne me semblent pas très éloignés de ceux qui nous intéressent dans la création intermédiaire.
 
Ce qui compte le plus pour l’art – thérapie, c’est le processus de transformation qui s’enclenche lorsque le créateur est face à son œuvre. Ce processus est un mouvement qui aide la personne à se re-créer. Peu importe l’œuvre, c’est la personne qui doit faire son cheminement personnel : en produisant des déclinaisons de sa personnalité, le créateur apprend qui il est réellement avec les bonnes et les mauvaises facettes. On ne force pas le malade à créer et surtout pas à produire ce qui est directement en relation avec son mal. C’est à lui de devenir sujet de sa propre destinée.
 
Il n’est pas exact de dire que l’œuvre n’a pas d’importance car un artiste est toujours présent pour prêter main forte au personnel soignant ; son rôle est d’exiger de la qualité. Il ne serait pas digne de se contenter de sous-produits ou de parodies d’activité artistique et il est indispensable d’engager le créateur dans un processus d’amélioration. En travaillant sur son œuvre, le malade se développe lui-même. Il faut donc du temps devant soi et l’aide de professionnels de la création artistique pour réussir.
 
Des expériences ont été faites dans beaucoup de disciplines artistiques :
-         l’écriture : on pense d’emblée à l’exercice de l’autobiographie ; mais il est en fait plutôt déconseillé car il expose trop directement ses problèmes à la personne qui s’y prête. En revanche l’écriture de contes ou de fictions est salutaire, car il met en scène les difficultés au lieu de les décrire ;
-         les arts plastiques : ils présentent moins le risque de représenter trop directement les problèmes que l’écriture, mais ils peuvent facilement rester au niveau « d’activités de patronage ». L’accompagnement est indispensable. On a vu alors des personnes progresser de manière étonnante et apporter de véritables nouveautés à la peinture;
-         théâtre : il s’agit de la dramathérapie ; probablement la plus complète des activités qui invite les malades à penser au texte autant qu’à la mise en scène et à leur rôle personnel. Dans certaines expériences, le public a la possibilité d’intervenir au cours de la représentation ce qui évite la scission avec le public ;
-         photographie, cinéma, vidéo, marionnettes, masques, auto maquillage, musique, chant, danse ont aussi donné de bons résultats en art - thérapie.
 
Attention à ne pas mélanger l’utilisation de la musique en art – thérapie et la musicothérapie, cette dernière repose sur l’écoute de morceaux de musique choisis par le thérapeute en fonction de leur action sur l’humeur et le comportement des patients. La psychopathologie de l’expression est aussi une discipline à ne pas confondre avec l’art – thérapie. Elle considère l’œuvre produite par le malade comme un symptôme qu’il s’agit d’interpréter dans le but de mieux comprendre et soigner le malade. Cette idée qui remonte au 19ème siècle est controversée aujourd’hui, en particulier dans son courant psychanalytique qui finit par oublier la personne créative au profit de l’analyse des oeuvres.
 
L’art – thérapie a favorisé la production de véritables œuvres d’art que les connaisseurs apprécient ; c’est ce qui est appelé l’art brut. Le malade se trouve alors réinsérer dans la société puisqu’il participe à sa culture. Il reprend sa place en créant, il se relie à la communauté des hommes par la médiation de sa création.
 
L’art – thérapie a été développée pour les malades en hôpitaux psychiatriques, mais elle en est rapidement sortie car elle a prouvé qu’elle pouvait beaucoup apporter à des personnes bien différentes :
-         les adolescents
-         les personnes marginalisées
-         les handicapés
-         les personnes âgées
-         les personnes ayant subi un drame ou un traumatisme
 
Le bénéfice pour chaque catégorie de personnes est spécifique, on s’en doute. Je ne signalerai que celui lié aux personnes âgées et à celles ayant subi un traumatisme. Les troisième et quatrième âges trouveront avec l’art – thérapie le moyen de faire un testament, de montrer d’eux-mêmes ce qui leur semble important. Ils peuvent créer les traces qu’ils souhaitent laisser après leur mort. Les personnes ayant subi un drame sont souvent coincées entre deux extrémités : ne pas en parler ou trop en parler. Ces deux attitudes ont chacune leur défaut, la première refoulant des images dures qui doivent sortir, la deuxième ne permettant pas l’oubli. L’art – thérapie propose une symbolisation du drame qui est à la fois libératoire et évolutive. La création permet d’exprimer, puis d’observer et de parler de l’œuvre. Elle permet de prendre de la distance avec ce qu’elle représente, c’est-à-dire avec le créateur lui-même et ce qu’il a vécu. Elle permet enfin de mieux comprendre et de réintégrer les éléments qui favorisent le développement personnel.
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S
hello papa,je ne savais pas que tu écrivais des articles sur un blog... je vais lire tout ça! bonne semaine,je t'embrasse
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