ce blog fait part de réflexions liées à mes lectures et d'observations sociologiques; il me permet de travailler le thème de l'individualisme contemporain face au développement des technologies (IA), aux enjeux écologiques et à ses questionnements existentiels/spirituels
Poursuivons notre troisième livre
Son sujet est l'écoute.
Nous avons vu dans la première partie que l'écoute peut prendre des formes bien différentes. Voyons ce que les spécialistes en pensent et ce qu'ils nous conseillent pour la rendre efficace.
Les psychothérapeutes pratiquent lécoute tous les jours avec leurs patients. Le premier dentre eux, chronologiquement et sans doute aussi par lapport à la discipline, Carl Rogers, a bien mis en évidence les conditions qui leur permettent despérer un succès de leur thérapie. Elles sont au nombre de trois :
- la congruence, qui signifie que le thérapeute doit être authentique et ne pas hésiter à vivre réellement ses sentiments au cours de la relation avec le patient;
- la considération inconditionnelle, qui incite le thérapeute à avoir un souci total et une acceptation complète de toutes les facettes de son patient ;
- la compréhension empathique, qui doit amener le thérapeute à deviner les sentiments de son patient, à lui communiquer sa bienveillance et lui montrer sa compréhension.
Si ces conditions sont remplies, le patient se sait écouté sans être jugé, il se sent respecté et considéré pour ce quil est simplement. Le patient devient alors capable de mieux sécouter lui-même, il souvre de plus en plus au thérapeute, il apprend à sanalyser, puis à saccepter pleinement. Ainsi lécoute amène lécoute. Cest un procédé psychologique qui se comprend intuitivement et qui a été prouvé par de multiples études.
Cette écoute repose sur les sentiments entre deux personnes. Lune est bienveillante, ouverte, disponible, et soblige à ne porter aucun jugement de valeur ; lautre se sent en confiance, éprouve des sentiments damitié pour le premier, il souvre à lui, prend ses conseils en considération, car il les intériorise dautant plus quils ne lui ont pas été imposés, et quil les a découverts par lui-même.
Allons un peu plus loin. Il est utile de rappeler les attitudes que les psychologues connaissent bien et qui vont ou ne vont pas établir ces conditions que lon pourrait qualifier découte idéale. Imaginons quune personne vous expose son problème.
Il serait regrettable de ne voir lécoute que comme une attitude passive : « Asseyez-vous sur mon divan, je vous écoute sans vous interrompre et sans rien vous dire, car tout doit venir de vous ». Pour certains psychologues, lécoute a comme but daider lautre à se développer et à réaliser ses sensations, et rien de plus. Pour dautres, lécoute est aussi faite déchange et daction. Dabord lécoute consiste à faire découvrir à lautre ses propres vérités, il faut donc le guider sur le chemin : ne pas imposer ne veut pas dire ne rien faire. Ensuite lécoute provoque toujours un changement profond. En se comprenant mutuellement chacun des interlocuteurs se transforme ; personne nen sort indemne. Enfin écouter est aussi apprendre de nouvelles connaissances qui induiront des modifications de comportements ou permettront de sadapter à lenvironnement.
Ecouter quelquun en difficulté ou qui veut se confier nest pas si éloigné dapprendre quelque chose de nouveau. Les dispositions desprit de disponibilité, ouverture, bienveillance, concentration, sont communes aux deux approches. De plus les sentiments en jeu sont les mêmes ; on écoute dautant mieux que lon fait preuve dempathie pour lautre et on apprend dautant mieux que lon aime le sujet et celui qui le transmet.
J'attends votre contribution autour de cette idée: écouter pour le bien de quelqu'un ou écouter pour apprendre: qu'elles sont les caractéristiques communes ? qu'elles sont les différences ? Merci