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écouter juste pour avoir loccasion de montrer sa science, de donner des conseils, de dominer lautre, de laliéner ; on écoute un fragment, celui qui nous arrange et qui va nous permettre de briller et de nous écouter nous-mêmes ;
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écouter un court moment sans laisser à lautre le temps daller au bout de son explication parce que nous avons la solution au problème. Tellement entraînés à la recherche de solution en toutes circonstances, nous fonçons tête baissée sans savoir si nous disposons de toutes les données du problème.
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ne voir aucune utilité à écouter car sûr de tout, nous nimaginons pas que quelquun dautre ait plus raison que nous. Un tel sentiment de supériorité conduit à nécouter que ce qui nous arrange ou nous conforte dans nos idées personnelles. Cest de lécoute sélective.
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écouter sans écouter, écouter distraitement, écouter dune oreille, par politesse ou en espérant que léchange sera le plus court possible. Dans le meilleur des cas, on pensera à une disponibilité insuffisante, peut-être excusable par des occupations trop nombreuses. Dans le pire des cas, on verra là les conséquences du papillonnage et du zapping.
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écouter sélectivement ceux qui peuvent nous être utiles, ceux qui ont de lintérêt à nos yeux, et ne nous adresser aux autres que pour leur donner des ordres. Cette attitude rejoint le snobisme de ceux qui pensent quil nest pas bon de passer du temps avec ceux qui ne sont pas de leur « rang ».
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ne pas oser se livrer à lécoute par timidité car il y a un risque à devoir se livrer soi-même. Lattitude réservée, linterruption des conversations qui senfoncent dans lintimité, la distance systématique avec le sujet et celui qui sexprime permettent de ne pas sexposer et dénotent dune peur de lautre ou du sujet abordé.
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nécouter que nos aspirations intimes afin de nous faire plaisir ; lindividualisme touche alors à lhédonisme et enferme lindividu dans la prison de ses émotions, sens ou instincts.
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ne pas écouter par peur de nous laisser influencer par des gens qui veulent du mal à nous-mêmes ou à notre communauté. Nous avons été si souvent déçus, trompés ou menacés que le mieux est de ne plus faire confiance à personne à lextérieur de notre camp.
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nécouter que nous-mêmes afin de nous en sortir le mieux possible; lindividualisme issu des situations difficiles conduit à soccuper de soi pour survivre ; il ne reste plus de place pour aucune attention externe.
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curieux de rien, fatigué de tout, nous nous bouchons les oreilles. Tout est trop compliqué, nous baissons les bras, et préférons nous abrutir dans la facilité intellectuelle, la paresse sensorielle des images.
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ne pas écouter par manque denvie dapprendre. Cette inappétence est souvent due à un manque dintérêt pour les sujets proposés, à dénormes erreurs pédagogiques ou à la paresse du connaisseur qui est censé transmettre.
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ne pas écouter par peur de leffort à fournir pour approfondir et comprendre. Apprendre est souvent relié à travail, étude, difficulté, sanction
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ne pas écouter par peur dapprendre. Inconsciemment nous pensons au risque de nous exposer à de nouvelles informations ; nous pourrions échouer dans leur assimilation ; nous pourrions être inquiets de sortir de notre état dignorant : tout changement comporte une déstabilisation.
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ne pas écouter à cause dun sentiment de culpabilité. Dans un monde où linformation est surabondante, où tous les savoirs sont accessibles, nous pouvons avoir limpression quil ny a plus aucune excuse pour ne pas être au courant de tout et cela nous conduit à nous renfermer sur nous-mêmes, rejetant certains sujets dun revers de main, feignant le désintérêt, afin de ne pas révéler aux autres notre ignorance.
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ne pas écouter car nous avons acquis la conviction quapprendre napportera rien. Le contexte social dans lequel nous vivons ne nous motive que faiblement à nous tourner plus longuement vers l'apprentissage continu de connaissances. Le savoir na plus laura quil avait hier ; il nest plus aussi valorisant.