ce blog fait part de réflexions liées à mes lectures et d'observations sociologiques; il me permet de travailler le thème de l'individualisme contemporain face au développement des technologies (IA), aux enjeux écologiques et à ses questionnements existentiels/spirituels
Par dufay
Poursuivons notre troisième livre
Son sujet est l'écoute.
Nous avons vu dans la première partie que l'écoute peut prendre des formes bien différentes. Ensuite nous avons vu ce que les spécialistes de l'écoute nous conseillent. Enfin nous avons évoqué les obstacles à l'écoute et j'ai demandé votre contribution sur les moteurs qui peuvent nous motiver à écouter ou à apprendre.
Au cours de ces réflexions, je crois avoir trouvé deux idées intéressantes que je vous soumets.
1. Ces formes que peut prendre l’écoute sont différentes, mais elles ont en commun un élément, c’est la nécessité de prêter attention. Sans attention, l’écoute ne fonctionne pas, ni en situation de relation à l’autre, ni en situation d’apprentissage. Simone Weil (philosophe 1909-1943) dans « L’attente de Dieu » explique :
« L’attention consiste à suspendre sa pensée, à la laisser disponible, vide et pénétrable à l’objet, à maintenir en soi-même à proximité de la pensée, mais à un niveau différent et sans contact avec elle, les diverses connaissances acquises qu’on est forcé d’utiliser. »
Pour prêter attention, il faut s’efforcer de dégager son esprit des contingences matérielles des activités utiles, si nombreuses à accaparer notre vie. Prêter attention revient à ouvrir son esprit pour un certain temps : un court instant pour acquérir une simple information, une vie complète pour percevoir le milieu divin, et quelque chose entre ces deux extrêmes, pour être en relation avec ceux qui nous entourent. Le temps nous manque de plus en plus alors nous nous contentons d’écouter pour trouver des solutions ; c’est la facette utilitariste de l’écoute qui est le plus d’actualité aujourd’hui. Ecouter pour comprendre et écouter pour aider son prochain sont des facettes beaucoup moins répandues. L’empathie est-elle une valeur en baisse ? Chacun se renferme-t-il sur lui-même ? Est-on devenu des avares incapables de partager ? Est-on incapable de faire un effort pour comprendre ?
2. Le marketing ne déclenchera pas l’envie d'écouter car il ne s’agit pas d’envies de premier niveau relatives aux plaisirs des sens, à la vie matérielle, à l’apparence, mais plutôt d’envies relatives à l’individu en ses profondeurs qui fonctionnent d’une toute autre manière. Le collectif non plus ne réussit pas à motiver à l’écoute. L’individualisme a fait du chemin et les grands projets d’entreprise ou de société ne motivent plus grand monde. L’individu se retrouve seul face à lui-même et face aux décisions qu’il doit prendre.
Je pense que le seul mouvement que l’on pourrait déclencher au coeur de chaque individu, pour développer son empathie et l'ouvrir à l'apprentissage, est celui de la création. Elle part de l’intelligence, des sentiments ou pulsions de la personne pour aller vers les autres, et en même temps, elle apporte un bien être, une satisfaction individuelle quasi immédiate. Elle donne un sens à l’écoute. Elle oblige à écouter le monde pour parvenir à l’originalité et ne pas reproduire bêtement. Elle conduit à l’écoute des autres, qu’ils s’intéressent ou pas à l’œuvre créée, qu’ils aient un avis positif ou négatif, ils deviennent le pourquoi de l’œuvre en qui le créateur met toute son énergie et une partie de son être.
Ecouter prend une utilité et un sens nouveau si l’on cherche à créer et créer ne peut exister sans écoute de soi et des autres.
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